Minimalisme, Quotidien

Pour une garde-robe minimaliste, éthique et durable

Comme je vous l’ai déjà dit dans un précédent post, j’ai fait le tri dans ma garde-robe. Mais au-delà de ce tri salvateur, j’ai également décidé de limiter mes achats. Malheureusement, je ne suis pas douée comme mon amie Margaux de Couture Débutant qui a décidé de coudre ses propres vêtements. Du coup, j’ai décidé de ne plus acheter de vêtements produits par des marques de grande consommation.

1. Dire stop aux grandes marques

Cela fait quelques mois déjà que je me sens mal à l’aise dans les boutiques type H&M, Lefties et Pull&Bear. Le problème ? J’ai toujours eu un faible pour les vêtements de ces marques bas de gamme. Et en même temps, je me rendais bien compte qu’un t-shirt à 5 € ne pouvait que provenir d’un pays du tiers monde où les travailleurs sont exploités. J’ai donc regardé le documentaire « The True Cost« , parce que je ne voulais plus me mentir au quotidien. Je voulais une bonne fois pour toute me confronter à la terrible réalité de l’industrie vestimentaire, de l’exploitation des employés, des conditions de productions qui ne nuisent pas simplement à tous ces employés sous-payés et maltraités, mais aussi à notre planète. Pour qu’un t-shirt coûte 2 €, une jeune femme doit laisser son enfant chez ses parents à 600 km, car elle ne peut pas s’en occuper et travailler toute le journée pour un salaire de misère. Chaque jours des milliers d’hommes, femmes et enfants se sacrifient pour que nous, dans les pays développés, puissions faire nos emplettes à petit prix.

Image du documenaire The True Cost

2. Ne pas s’apitoyer, agir vraiment

Il est facile d’exprimer sa peine face à l’exploitation continue dont sont responsable les grands groupes de mode. Il est facile d’en parler en soirée, en hochant la tête et prenant un air sérieux, tout en s’affichant avec un sac à main à 12 € acheté en soldes chez C&A. J’ai trop longtemps participé à l’esclavagisme moderne pour ne pas me sentir coupable. Bien sûr que des milliers de gens continuerons à acheter leurs vêtements à petits prix sans porter plus d’attention aux étiquettes « Made in Bangladesh », « Made in India », etc. Seule l’étiquette « -75% » attire réellement notre regard. Mais ces « prix tous doux », n’ont rien de doux. Ils sont synonyme de l’exploitation perpétuelle des travailleurs du textile. Il est donc temps d’agir.

Image du documenaire The True Cost

3. Changer ses habitudes, une bonne fois pour toutes

J’ai décidé de ne plus acheter de vêtements chez H&M et compagnie. En devenant minimaliste, je me rends compte que je n’ai de toute façon pas besoin d’un nombre infini de tenues vestimentaires. Même si je n’en suis pas encore au challenge du Project 333, je n’éprouve plus le besoin de faire constamment du shopping. Evidemment, acheter des vêtements du commerce équitable et « écologiques », a son prix. En même temps, acheter moins permet de s’offrir de temps à en temps une jolie pièce. Et par jolie pièce je ne parle pas d’un sac Chanel ! N’oubliez pas que les marques de luxe ne produisent pas nécessairement dans de meilleures conditions que leurs collègues du low cost. Par contre, il ne s’agit pas non plus de boycotter tous les vêtements en provenance d’Asie ou d’Afrique, mais plutôt de privilégier les marques qui garantissent à leurs travailleurs des conditions de travail et des salaires décents. Après tout, il s’agit de créer des conditions de travail humaines et décentes, et non de provoquer le chômage dans les pays qui vivent du textile.

Parfois, il est bien de prendre conscience de certaines choses.

Evidemment, chacun est libre de faire ce qu’il veut, mais pour le bien de notre planète et de tous ses habitants il est important de ne plus se voiler la face. La bonne nouvelle ? Il est si simple de changer nos habitudes. Acheter moins, mais mieux. Acheter seconde main au lieu de foncer sur les nouvelles collections pas chères. Se prêter des tenues entre copines. Piquer un beau gilet à sa mamie. Mettre le pull tout doux de son mec. Demander à une amie couturière de customiser une vieille chemise. Apprendre à vivre mieux avec moins pour mettre fin à la nausée consumériste.

© Image, Vera Lair, tous droits réservés

Quotidien

Adieu Instagram

Les gens ne lisent plus, les gens ne regardent plus que des vidéos et des images. Dès qu’un texte fait plus d’une page, c’est décourageant. Un réel effort intellectuel ! Mettez toutes vos informations dans le premier paragraphe de votre article, sinon vous perdez plus de la moitié de vos lecteurs. Bref, l’écrit n’a plus la cote. Les images dominent le monde et Instagram les réseaux sociaux. C’est pour cette raison que je n’ai plus d’Instagram lié à mon blog. Petit pied de nez au réseau social le plus populaire de cette décennie !

Un blog bavard

Moi, vous le savez déjà, j’aime bien tailler la bavette avec vous via le blog. Si j’ai de si belles photos, c’est grâce à mon amie Vera Lair qui me fournit en contenus visuels. Mais sinon, il est vrai que ce blog ne se base pas sur l’apparence. Je ne suis pas une blogueuse mode ni lifestyle, on parle finalement surtout de travail et de développement personnel, pas de la dernière robe achetée chez Primark à 7 euros. Alors quel est l’intérêt d’avoir un Instagram ?

– faire comme tout le monde ?

– être tendance ?

– aucun ?

Les mots pour le dire

Comme je suis rédactrice et traductrice, les photos ne me permettent pas d’illustrer mon travail. Si j’étais graphiste, je pourrais mettre mes créations, mais poster une photo d’un tableau Excel que je dois traduire, ça n’est franchement pas très passionnant ! C’est pour cette raison que j’ai préféré me séparer de mon Instagram pour privilégier le blog. D’ailleurs, je limite également le nombre de photos par article et j’ai nettement épuré le design du blog pour que vous puissiez lire l’article en toute tranquillité (visuelle). Une ou deux photos, c’est largement suffisant. L’intérêt principal de ce blog, ce sont les mots pour le dire et non les photos pour le montrer.

Y’a pas photo !

Et puis je ne vais pas vous mentir, Instagram m’a toujours agacée. Je m’en sers surtout pour chercher des recettes végétariennes et des idées zero waste ou… des photos de caniche toy ! Je suis principalement des restos et des chiens. Il y a des jours où je sature de voir tant d’intérieurs parfaitement rangés et aménagés, des gens toujours sur leur 31 et des vies parfaites. Instagram nous pousse à nous comparer aux autres, cela crée une certaine compétition malsaine et ce n’est pas ce que je recherche. J’ai envie de me réveiller le matin et de me dire : J’aime ma vie (même si je n’ai pas la dernière paire d’Adidas, la nouvelle vaisselle de chez Bloomingville ou un mec qui m’emmène à Bali).  Sans oublier qu’il s’agit surtout de placement de produits. La plupart des blogueurs et des utilisateurs Instagram font de la publicité, rares sont les comptes qui ne nous abreuvent pas de posts sponsorisés. Compte tenu de mon envie de devenir minimaliste, je n’ai plus envie de me soumettre à cette incitation permanente au consumérisme.

Ce blog se passera donc désormais d’Instagram. Et vous, toujours actifs sur Instagram ?

© Photo, Vera Lair, tous droits réservés

Vie de Freelance

Répartir de zéro grâce au minimalisme

Je suis une vrai bordélique, de celles qui laissent les vêtements s’empiler jusqu’à devoir les escalader pour se frayer un passage dans la chambre. Demandez à mon père : Je suis une reine du laisser trainer les tasses de thé à moitié pleines. Je me lève et je laisse tout derrière moi. Je lave mes vêtements quand je n’ai strictement plus rien à me mettre à part un vieux pyjama troué. Bref, je suis une tornade humaine. Là où je passe, rien ne repousse ni retrouve sa place ! Puis, j’ai regardé le documentaire « Minimalism » sur Netflix – et je me suis débarrassé de 90% de mes livres, 60% de mes vêtements, 90% des choses inutiles que je gardais « au cas où » pour retrouver le temps d’écrire, le temps de faire du vélo, le temps d’écrire, bref le temps de vivre.

Minimalism, ou comment un documentaire change la vie des gens

Minimalism, de quoi parle ce documentaire (dispo sur Netflix) ? Deux gars, Joshua Fields Mills et Ryan Nicodemus, la trentaine, ont tout quitté du jour au lendemain pour se dédier au minimalisme. Pourtant aux yeux de la société, ils avaient tout pour être heureux. Un job bien payé, une épouse, une belle voiture, et beaucoup d’argent et de bien matériaux. Puis, un jour ce constat déstabilisant : Malgré toutes les choses qu’ils possédaient, malgré tous les symboles de statut social accumulés, ils n’étaient pas heureux. Pourquoi ? Parce que le revers de la médaille, ce sont des crédits à rembourser sur trente ans, des heures supplémentaires à n’en plus finir et des objets qui s’accumulent dans le garage et prennent poussière. Les Américains ont en moyenne quatre prêts à rembourser. Résultats des courses ? Des dettes, pas de temps libre, des tensions, des disputes et l’impression de perdre leurs meilleures années. Alors ils ont commencé à s’intéresser au minimalisme – et ils se sont débarrassés du superflu dans leur vie. Une décision libératrice qui m’a motivée à faire pareil. Vous pouvez également aller voir leur blog The Minimalists qui offre plein d’astuces pour devenir minimaliste.

Ryan et Joshua, minimalistes et heureux de l’être !

Faire le vide dans sa maison – et dans sa tête

J’ai toujours eu la tendance à être radicale. J’aime passionnément, je déteste de tout cœur… Bref, le juste milieu, ça n’a jamais été mon point fort. Mais comme je vais bientôt passer le cap des trente ans, je peux vous dire une chose : tout n’est pas perdu ! Ces derniers mois, et suite au changement professionnel dont j’ai parlé dans mon dernier article, j’ai commencé à mettre de l’eau dans mon vin. J’essaie de ne plus être trop directe, trop entière, trop chaotique et stressée. Et c’est justement l’approche du minimalisme qui a réellement touché une corde sensible chez moi. J’ai pris conscience que si j’avais toujours autant de bordel dans ma vie, c’est parce que je le créais. En achetant trop de choses, en gardant tout, en ne jetant rien, j’avais finalement construit un monde hyper chaotique autour de moi. Pour y remédier, il fallait que je m’attaque au grand tri. J’ai donc suivi le challenge des 30 jours de tri dont Ryan et Joshua parlent sur leur blog. Jour  1 : vous vous débarrassez d’une chose. Jour 2: deux choses et ainsi de suite jusqu’au jour 30 où il faut jeter / donner trente objets. Au bout d’environ 15 jours, j’avais atteint mon objectif (Radicale moi ? Mais non !!). Une fois avoir donné plus de la moitié de mes vêtements, mon armoire ne débordait plus et je me suis sentie libérée d’un poids énorme. Une autre pensée s’est par la suite jointe au soulagement : le sentiment de culpabilité face à tant de vêtements (dont certains que je n’avais portés qu’une seule fois… dans la cabine d’essayage !).

Quitter le mode du « vouloir toujours plus » pour entrer dans le mode « avoir besoin de moins »

Pourquoi possédais-je huit paires de jeans ? Pourquoi avoir acheté 5 robes rouges alors que je n’en portais qu’une seule (les tapas ont eu raison de mon taille 36 il y a bien longtemps, ne nous faisons pas d’illusion, impossible de rentrer mon fessier dans les quatre autres modèles). Sans oublier les chaussettes dépareillés qui ne retrouveront jamais leur âme sœur. Je n’ai pas eu besoin de poser la question de Marie Kondo « Does it spark joy? ». J’ai tout simplement viré tous les vêtements que je ne portais pas / plus ou qui ne m’allais plus (ou jamais). Au bout d’une heure, j’avais rempli 5 sacs énormes et mon corps émettait une tonne d’endorphines.  C’était merveilleux de se sentir soudainement si légère ! Conclusion, chers lecteurs ? Nous avons grandit dans l’idée qu’il fallait toujours avoir plus. Avoir plus pour être plus heureux, plus « fashion », plus populaire… En faisant le choix du minimalisme, j’ai compris que je n’avais pas besoin de tant de choses et que j’étais d’ailleurs plus heureuse et, ô miracle, beaucoup plus ordonnée en possédant moins !

C’est en faisant ainsi le tri dans mon appartement que j’ai enclenché un autre processus, celui d’un tri psychologique. J’ai vraiment envie de faire de 2019 une année charnière de remise en question – sur un plan professionnel, mais aussi personnel. J’ai envie de questionner certaines de mes habitudes et certains de mes schémas de pensée pour, qui sait, trouver un peu plus ma voie.

Et vous, vous comptez faire le tri en 2019 ?

Je vous conseille vivement le livre Minimalism – Live a Meaningful Life, de Ryan Nicodemus et Joshua Fields Mills.

© Vera Lair, tous droits réservés

Vie de Freelance

2019 ou la nécessité de repenser le travail moderne

Le diktat du dépassement de soi

Depuis la fin de mon activité de freelance à temps plein, j’ai réellement pris conscience de l’instabilité de notre situation professionnelle. Alors que la génération de nos grands-parents (et en partie de nos parents) suivait encore le modèle classique d’un emploi à vie (la même entreprise pendant plus de 30 ans), la nouvelle génération fait fasse à une situation économique qui la pousse à parfois devoir se réinventer. Cela a ses avantages : moins de routine, de nouveaux challenges et de nouvelles opportunités. Mais n’oublions pas les inconvénients : une incertitude quasi permanente, une situation financière instable et l’obligation de se soumettre au diktat du dépassement de soi (mobilité, heures supplémentaires, accumulation de compétences diverses et variées). Installée depuis quatre ans à Barcelone, le bilan est bien pire que dans d’autres pays euorpéen.

L’Espagne, pays des cadres sous-payés

En Espagne, la situation de l’emploi est sinistre. Les offres d’emplois font deux pages, listent une ribambelles de pré-requis : quadrilingue, master, expérience à l’étranger, plusieurs années d’expérience dans un poste similaire, des références à gogo, une maitrise parfaite d’une dizaine de logiciels informatiques, une volonté de se surpasser en permanence et de donner le meilleur de soi – et bien sûr la fameuse envie de travailler dans un environnement international, moderne et jeune. Le petit plus : café et fruits à volonté et une table de babyfoot. Et le salaire dans tout cela ? N’en parlons pas, ce n’est qu’un détail dérisoire. Pour un poste de chef de projet de traduction, le postulant peut aspirer à la modique somme de 19K annuels. De quoi de payer le loyer, les courses, mais sûrement pas les prochaines vacances ou l’abonnement à la salle de sport.

(Sur)-Vivre en 2019

Quel bonheur de vous retrouver via le blog, Facebook et les emails ! Chaque mot m’a touché, chaque petite remarque encouragée, chaque retour de votre part ému. Merci beaucoup, vous m’aviez manqué ! Et c’est grâce à vous que ce blog va continuer à vivre. Car j’ai l’intention de parler de vous. Ah bon ? Ah oui, de vous ! Ces prochaines semaines, je voudrais lancer une nouvelle série de portraits. Que vous soyez freelance, ex-freelance ou futur freelance, j’ai envie de parler de vous et de votre parcours professionnel. Travailler en 2019, c’est quoi ? Quelles sont vos motivations, vos ambitions et vos priorités ? Et pour ceux qui sont à leur compte, c’est l’occasion de présenter vos compétences et votre travail à la communauté de Nomad’s Heart – et nous raconter votre vision du travail moderne.

Alors oui, je pourrais rentrer en France ou en Allemagne, tenter ma chance en Angleterre ou ailleurs, mais je me sens bien à Barcelone. J’ai la chance de vivre près de la mer, de jouir d’une météo fantastique, d’avoir des amis et un joli appartement. La recherche d’emploi est finalement l’une des seules ombres au tableau, car les offres ne manquent pas. Ce sont les salaires décents qui font défaut. Vivre à Barcelone est moins cher que vivre à Paris. Néanmoins, une chambre en colocation (avec une fenêtre et un lit double, pas un cagibi !) avoisine depuis deux ou trois ans les 500-550 € malgré un salaire minimum national de 1050€ bruts. Le calcul est vite fait : les salaires ne tiennent pas la route en Catalogne – à moins d’avoir la chance d’être expatrié ou embauché dans un domaine lucratif par une entreprise internationale. Et encore ! Le premier salaire à l’embauche chez certaines entreprises de consulting renommées ne dépassent pas les 16 K annuels (pour un temps plein !).

Pour ma part, j’ai choisi de m’intéresser de plus près au minimalisme dont je vous parlerai dans un prochaine article. Car peut-être que la maladie de ce siècle peut être guérie par nos propres soins. Au lieu de toujours vouloir plus, peut-être suffit-il de nécessiter moins (et donc de dépenser moins). Affaire à suivre…

PS : Pour ce qui ont envie de témoigner sur le blog (à visage ouvert ou anonymement), veuillez m’envoyer un email à info.nomadsheart@gmail.com en présentant votre situation professionnelle actuelle et le focus sur lequel vous désirez insister (ex : reconversion professionnelle, obligation d’avoir un job alimentaire, lancement d’une activité en freelance…).

Photos © Vera Lair tous droits réservés

Vie de Freelance

Ce que je n’ai pas osé vous dire

Je ne suis plus freelance à temps plein depuis plus d’un an maintenant. Voilà, c’est dit !

Suite à l’arrêt de mes principales missions pour cause de restrictions budgétaires, je ne pouvais plus payer mes factures, j’arrivais à peine à garder la tête hors de l’eau. J’étais angoissée, dormais mal et ne savais plus que faire. La prospection ne donnait rien et il fallait bien que j’assure le loyer, les abonnements divers, les courses au supermarché. Alors j’ai postulé auprès d’entreprises proposant des… CDI.

Un contrat à durée indéterminée. Pendant mes années freelances, j’avais commencé à mépriser cette manière de travailler, et peut-être en suis-je toujours au même point. Je n’aime pas l’idée de faire chaque jour la même chose. Pourtant aujourd’hui, je suis soulagée d’avoir un revenu fixe et la possibilité de planifier mes vacances, mes activités, mes weekends…

Plus d’un an… et que de choses ont changé. J’ai emménagé avec ma meilleure amie (Vera Lair qui fait toujours de si jolies photos de moi !), j’ai adopté un chien (Winnie, un caniche toy adorable), j’ai accepté un travail en tant qu’assistante médicale quadrilingue dans une clinique privée à Barcelone et j’ai finalement sauté le pas de la rhinoplastie suite à mon accident il y a  quatre ans.

Si je n’ai pas osé toucher au blog, c’est parce que j’avais l’impression que le retour au CDI était échec. La nomade se pose, la nomade vend son âme au diable… la nomade quoi ? La nomade aussi connait les insécurités, les soucis financiers, les envies de stabilité. Alors, j’ai fait ce qui m’a semblé adéquat, j’ai signé ce contrat et me voilà donc employée avec une hiérarchie, des ordres à exécuter et des tâches quotidiennes répétitives. Autant vous dire que j’ai pris une énorme claque. Se lever chaque jour à la même heure, prendre le métro, dire oui aux chefs sans moufter. Ce n’était pas mon monde, j’avais désappris le salariat !

Pendant mes trois mois de formation, j’ai dû pleurer un soir sur deux. J’y allais en trainant des pieds, j’étais malheureuse comme les pierres. Mais j’avais décidé d’en faire un challenge, d’affronter ce défi et de le voir comme une opportunité pour améliorer mon espagnol et découvrir le milieu médical. Chaque jour je me disais : « Je vais craquer. Je vais péter un plomb. Je ne peux pas y aller. » Et pourtant, chaque jour je me levais et j’y allais. J’ai mis un an à accepter la situation telle qu’elle était en continuant à faire des missions de freelance. Parfois, je me lève plus tôt pour faire une traduction avant d’aller à la clinique. Ce n’est pas toujours simple, mais c’est mon seul moyen de ne pas perdre de vue ce que j’aime réellement faire.

Alors me voilà habillée d’un uniforme, à gérer des patients venus du monde entier pour se faire soigner à Barcelone. Cette claque que je me suis prise m’a appris à être humble, à ne plus mépriser toutes ces personnes qui chaque jours ont fait le choix d’aller travailler dans un bureau, et pire encore, dans l’administration ! J’ai toujours détesté l’administration et me voilà en train de gérer des dossiers médicaux. C’est finalement la première fois de ma vie que je fais un travail alimentaire – et sans aucun rapport avec mes passions.

Je pourrais le voir comme un échec, ou comme une bénédiction – un petit rappel à l’ordre qui me dirait : « Hey, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Parfois, tu es au bord de la noyade, puis tu arrives à t’accrocher à un rocher. Mais le rocher n’est là que pour t’aide. A toi de te sortir maintenant de l’eau. »

C’est ce que je fais. J’essaie de voir le bon côté des choses, de ne pas voir les aléas de la vie comme des échecs. Car ce ne sont pas des échecs, mais bien des épreuves. A nous de les surmonter la tête haute !

Du coup, ce blog ne sera plus vraiment un blog sur la vie de freelance, mais peut-être un lieu de rencontre virtuel pour les gens qui, comme moi, se cherchent professionnellement et personnellement. Bon, et bien sûr, un endroit pour partager avec vous des photos de mon chiot qui a réellement changé ma vie !

J’espère avoir de vos nouvelles ! Que faites-vous ? Comment allez-vous, mes chers lecteurs ?

 

Vie de Freelance

Deux filles et trois chats

10 décembre 2017 et j’ai de nouveau une folle envie de reprendre le blog, de ne pas tout laisser tomber. Ce blog, c’est un peu mon bébé depuis presque 4 ans et ce serait dommage de ne pas l’exploiter. Surtout que l’écriture me titille à nouveau. Je remarque que je préfère écrire quand je me sens bien. Comme je suis de plus en plus en paix avec moi-même, l’envie de prendre la plume est là, à toucher du bout du doigt. Profitons-en pour un petit hymne à l’amitié !

Ces derniers mois j’ai eu le temps de réfléchir à ma façon d’appréhender les principaux domaines de ma vie : l’amour, le boulot et la vie de tous les jours. Je n’ai plus envie de perdre mon temps à faire des choses qui ne me plaisent pas. Si j’ai envie de passer le week-end avec ma meilleure amie, en pyjama, avec une bouillotte et un thé, je le fais. Je n’ai pas envie de prouver sur Instagram que ma vie est fantastique et excitante. Non, je n’ai pas non plus de mec avec lequel faire des photos hipster. Je ne peux pas non plus poser avec un ventre de femme enceinte, vêtue d’une robe aérienne, une couronne de fleurs dans les cheveux. Je n’ai finalement rien de tout ça – et je crois qu’il est temps que je m’y fasse et que je me détende à ce sujet. Je n’ai pas choisi le chemin commun, celui de la vie rangée. Et en même temps, vous avez dû remarqué que je ne passais plus non plus ma vie dans les avions. J’ai envie de profiter pleinement de ma vie ici à Barcelone, ma ville de cœur depuis presque 3 ans déjà ! Je sens que je me pose, tout doucement, à mon rythme. J’essaie de ne plus avoir le souffle coupé à tout bout de champs.

Il y aussi une chose qui a complètement changé ma vie – un truc aussi fort que l’amour romantique. Ma meilleure amie a emménagé avec moi. Depuis 2 mois nous vivons avec nos trois chats et c’est le bonheur pour moi. Vivre avec celle qui est ma grande sœur, ma confidente, mon alter ego, ma folle moitié… On a beau être très différentes, nous nous complétons à merveille. Le matin elle est au taquet, moi ronchonne et lente à la détente. Nous aimons les mêmes séries, les mêmes vidéos débiles sur Internet et le fromage ! Et nos chats se détestent chaque jour un peu moins. Autre chose importante : elle me rend belle à travers l’objectif de son appareil photo. Chaque semaine, nous faisons des photos et ça apporte une touche créative et artistique à mon quotidien. D’ailleurs, je me surprends à voir le monde à travers ses yeux de chasseuse de belles choses. Parfois, le résultat est classique- Parfois, ça part dans un délire surréaliste et les photos sont juste magnifiques. Je me trouve belle, j’apprends à réellement accepter mes courbes et mes petits défauts. Les photos qu’elle fait de moi sont sa façon de me dire qu’elle m’aime comme je suis (même si je suis reloue au moins deux fois par jour !). Et mon lâcher-prise devant son objectif, c’est ma manière de lui dire à quel point je lui fais confiance.

J’ai crois que j’ai eu longtemps envie d’avoir un mec parce que je ne vivais pas avec les bonnes personnes et que je manquais d’amour dans mon quotidien. Aujourd’hui, notre appartement, c’est un peu la maison du bonheur. On rigole, on se taquine, on fait des câlins avec les chats et des shootings photo improvisés. Bien sûr, on mange aussi beaucoup de fromage et on passe du temps sur Netflix. Parfois, je ferme ma porte pour être seule et je souris parce que je sais qu’il y a quelqu’un que j’aime très fort là, tout près de moi. Il suffit de toquer à la porte, de me glisser sous sa couette pour parler de tout et de rien – ou juste regarder des vidéos de chats sur Instagram.

 

Elle n’aime pas être sur les photos, mais je vous invite à aller voir toutes ses photos sur STOCKSY !

 

PS : Si vous les achetez pour un de vos clients (par exemple), elle me paie des bières !