Vie de Freelance

Les temps sont durs pour les traducteurs freelances

En pleine prospection (plus ou moins) acharnée, je constate que les conditions de travail des freelances, et notamment des traducteurs, ont bien changé ces dernières années. J’ai lancé mon activité en 2015 et depuis les tarifs semblent être en chute libre. Pourquoi les traducteurs ont-ils si peu la cote ?

Traducteur ou Google Trad : kif-kif bourricot

Je suis inscrite sur plusieurs pages Facebook spécialisées pour les traducteurs freelances. Régulièrement, des annonces y sont postées. Certaines plus sérieuses que d’autres. Ce qui me chiffonne le plus ? Les traducteurs qui postulent aux annonces. Dans 60 ou 70 % des cas, ce ne sont pas des personnes natives. Ces dernières sont basées dans des contrées lointaines et ne maitrisent absolument pas les paires de langues recherchées. Ce sont des personnes qui acceptent d’être payées au lance-pierres, car le coût de la vie dans leur pays de résidence est faible et que le texte sera passé dans Google Trad. C’est la raison pour laquelle certains modes d’emploi ne riment à rien, du charabia psychédélique recraché par une machine. Tout ça pour vous dire que les temps sont durs pour nous, les traducteurs. Il devient difficile de faire avancer le schmilblick dans un contexte de mondialisation où n’importe qui peut se revendiquer traducteur grâce aux traducteurs automatiques. Même des gens très bien de mon entourage m’ont déjà dit : « D’abord, tu peux traduire par Google Trad puis corriger. » Non, ce n’est pas si simple. Si Google Trad était un humain, il serait ce fameux pote qui ne capte jamais la fin des blagues. Il faut toujours tout lui redire deux fois avant qu’il comprenne la pointe. Vous l’imaginez traducteur ? Moi, non !

Traduire, c’est travailler

Parfois, je me vois obligée d’enfoncer des portes ouvertes. Une personne bilingue n’est pas automatiquement un traducteur professionnel. Parler deux langues ne fera pas de vous ni un traducteur ni un interprète. C’est un métier qui requiert des études, des formations, des stages… ça s’apprend à la sueur de votre front. Moi-même, j’ai appris à traduire à l’université, puis dans mes différents emplois. Mon bilinguisme m’a aidé, évidemment, mais ce sont finalement l’expérience et le travail qui ont fait de moi une traductrice à part entière. D’ailleurs, il y a quelques semaines je passais un entretien pour un CDI et la dame en face de moi, une responsable des ressources humaines, me fit passer un test de traduction. Voici ses consignes (sachant que c’était pour un poste de traductrice et qu’elle savait pertinemment que j’étais traductrice !) : « Oui, alors, vous traduisez ce petit paragraphe, mais pas littéralement. Ne traduisez pas chaque mot. C’est important de traduire le sens, de savoir adapter le texte. On ne veut rien de littéral ». J’étais sidérée. J’ai dû l’interrompre poliment : « Pardon, en réalité, vous voulez une traduction. C’est bien ça ? Non, parce que je suis traductrice. Je sais qu’il ne faut pas traduire littéralement un texte. C’est mon métier ». Sa réponse : « Ah okay, c’était pour être sûre. » Sérieusement ? Je l’imaginais en train de faire passer un entretien à un pneumologue. « Docteur, connaissez-vous bien le corps humain ? Pouvez-vous me dire où se situent les poumons ? » En réalité, pour la plupart des gens, un traducteur est une personne qui a la chance de parler plusieurs langues.

Money, Money, Money

Un certain nombre (croissant) de clients ne veut plus investir l’argent nécessaire pour la réalisation d’une traduction de qualité. Souvent, les prix avoisinent les 5 centimes/mot, alors qu’il y a encore 4 ou 5 ans la fourchette se situait entre 8 et 14 centimes. Il y a deux semaines, on m’a proposé une traduction de 20 000 mots environ, payé moins de 250. Je vous laisse faire le calcul… C’est finalement comme si la menace du développement potentiel d’un logiciel de traduction automatique et donc l’obsolescence (future et non garantie) du traducteur justifiait déjà une baisse radicale des tarifs. Petite piqure de rappel : Nous ne sommes pas encore en 2050. D’ailleurs, la fin du monde approche, parait-il. Ce fameux logiciel de traduction ne verra donc peut-être jamais le jour.

Alors en attendant l’apocalypse, j’espère encore trouver des missions décemment payées et qui me permettront de vivre en toute quiétude. Ces traducteurs, de vrais utopistes !

Vie de Freelance

J’ai connu : le syndrome de l’imposteur au travail

21 mois, 91 semaines, 638 jours, 919801 secondes… Voilà pendant combien de temps je ne me suis pas sentie à ma place au travail. Bref, une éternité.  Aujourd’hui, je prends le temps de faire un bilan plus détaillé de ma situation et de mon vécu pendant ces (presque) deux dernières années durant lesquelles j’ai appris à la dure ce qu’était le syndrome de l’imposteur !

Une routine lancinante

Dès la première semaine, j’ai senti tout mon être se rebeller face à l’obligation de suivre une routine imposée par mon nouveau cadre professionnel. Pour cela, il faut également souligner (et re-souligner) que le poste ne correspondait pas du tout vraiment à mon profil. Du jour au lendemain, je me retrouvais  dans le milieu médical, vêtue d’un uniforme d’infirmière et suivant un protocole sanitaire plus ou moins strict. Les tatouages cachés sous les manches longues de mon gilet en laine (sympa en septembre avec 30° degrés à Barcelone), j’avais l’impression de trahir une partie de mon identité. Je devais, en quelque sorte, renoncer à une partie de ce que je m’étais construit au fil du temps et faire tout ce que je m’étais jurée ne plus faire. Métro, boulot, dodo.

Un choc culturel et linguistique

Je tiens également à préciser que la langue de travail dans mon entreprise était l’espagnol. Il y a deux ans, mon niveau d’espagnol était nul médiocre et je n’avais pas les connaissances nécessaires pour le parler dans le milieu professionnel. Pourtant, dans la clinique qui m’avait embauchée, la langue de travail était bel et bien le castillan. Heureusement, les catalans n’y étaient pas majoritaires et beaucoup de collègues parlaient anglais ou français, sinon j’aurais rapidement perdu la tête. Il n’empêche que je devais suivre pratiquement toute ma formation en espagnol, ce qui m’a valu des insomnies, des pics de stress et des gros moments de désespoir. Imaginez une littéraire débarquer dans le monde du médical, et plus encore, dans le monde de la PMA. Je n’y connaissais rien et découvrais un univers nouveau. Dans un autre contexte, c’eut été une bonne chose, mais là, devoir apprendre des termes médicaux, des traitements complexes et des protocoles détaillés, ça en était trop. Souvent je faisais des cauchemars dans lesquels j’accouchais de monstres ou de bébés maléfiques. Le lendemain je retournais à la clinique, la boule au ventre, sachant que j’allais devoir me replonger dans les protocoles et les logiciels médicaux et assimiler ce savoir en espagnol, français, anglais et allemand. Issue d’un milieu littéraire, j’avais une quantité astronomique de connaissances à ingurgiter, assimiler et mettre en pratique pour devenir… une assistante médicale spécialisée dans la médecine reproductive.

Le syndrome de l’imposteur

Au bout de quelques mois de formation express, j’étais censée gérer des dossiers médicaux complexes et des patients subissant des traitements coûteux et douloureux psychologiquement parlant. Parfois, certains patients comprenaient mieux leurs traitements que moi et je devais faire semblant de tout gérer. Dans ce genre de situations, impossible de ne pas faire d’erreurs. C’est d’ailleurs quand on essaie de ne pas se tromper qu’on baisse la garde. Pourquoi ? Parce que le mauvais stress a pour conséquence de monopoliser notre énergie. Résultat des courses : le cerveau fatigue plus vite, c’est là qu’on commence à faire des erreurs. Au cours de ces 21 mois, j’ai donc forcément cumulé les boulettes, toujours avec cette sensation étrange de jouer un rôle dans une comédie de mauvais goût.  La notion d’imposteur m’est venue très vite à l’esprit, car ne trouvant pas ma place dans le milieu médical, j’avais en permanence l’impression de mentir aux patients. D’ailleurs, je tiens à préciser que la plupart (voire 98%) de mes collègues n’ont pas de formation médicale. C’est une pratique courante d’embaucher du personnel non-qualifié dans les cliniques de fertilité et de le former sur le tas. Hormis le stress et la charge de travail monstrueuse, c’est finalement cette sensation désagréable d’imposture qui m’a fait prendre conscience de la nécessité de partir.

Pour se sentir bien dans son travail, il est important de se sentir légitime. Même quand on a de l’expérience dans ce que l’on fait, il peut nous arriver d’être rongé par le doute. Là, il est important de s’y confronter et de faire un travail sur soi. Mais quand on sait au plus profond de soi que le travail que l’on exerce n’est pas accord avec nos valeurs et nos connaissances, il faut avoir le courage de partir.

Et vous, le syndrome de l’imposteur, vous l’avez déjà vécu. Et si oui, était-il justifié ou non ?

Vie de Freelance

Le grand retour en freelance

Voilà, j’ai tout plaqué. J’ai craqué, je n’en pouvais plus. Après 21 mois en CDI, j’ai finalement réussi à négocier mon départ. Après être allée jour pour jour au bureau et faire mine d’y avoir trouvé ma place, mon corps et mon esprit m’ont fait prendre conscience de l’urgence de la situation. Stressée, angoissée et déprimée par mon travail qui n’avait rien avoir avec mon univers, je n’étais plus capable d’y aller. Et quand le travail rend malade que fait-on ? On le quitte !

Retrouver ma vie

Pendant plus d’un an j’ai nié en bloc à quel point le travail que j’exerçais au quotidien m’impactait de manière négative. Bien sûr, il fallait payer les factures, la nourriture, les sorties et les croquettes du chien mais cette dure réalité me devenait lentement et sûrement insupportable. La vie ne peut pas se limiter à la survie. J’ai eu la chance d’être née sous une bonne étoile, d’avoir étudié, voyagé, rencontré des gens intéressants. Ne pas en faire quelque chose, c’était finalement ne pas profiter de l’immense chance que j’ai eu au cours de ma vie. Et ma vie, ce n’est pas aller au bureau pour faire un travail administratif qui ne m’épanouit pas. C’est encore moins gérer des patients hystériques sous perfusion d’hormones. Le milieu dans lequel j’ai pu travailler s’est révélé toxique. Beaucoup de stress, de pression et de mauvaises ondes qui ont eu raison de moi. Il était donc temps que je retrouve ma vie, celle qui me donne envie de me lever le matin, celle pour laquelle j’ai envie de me battre.

Retrouver mon bien-être mental

Le travail au sein d’une clinique de PMA n’est pas facile tous les jours. Il faut gérer des patients souvent extrêmement anxieux, voire même dépressifs ou agressifs. Parfois, il faut aussi supporter les humeurs changeantes des médecins, ces dieux vêtus de blanc. En tant qu’assistante médicale internationale je faisais constamment le lien entre patients et médecins. Au-delà de la lourde responsabilité de devoir gérer les traitements des patients (supervisions du déroulement du traitement, explication de chaque étape du processus de FIV et gestion de la communication patient-médecin), il y avait aussi l’obligation de ne jamais perdre son calme face à des situations par moment ingérables. Au bout de quelques temps, j’ai arrêté de compter le nombre de fois que j’aurais voulu raccrocher au nez d’une patiente désagréable et hautaine. J’ai arrêté de comptabiliser toutes les occasions où un médecin, s’étant levé du pied gauche le matin, m’avait injustement engueulée. A force de prendre sur moi, j’ai commencé à me sentir piégée dans une routine toxique. Ma famille me conseillait de simplement serrer les dents et de continuer. Evidemment ce genre de conseils ne servent à rien (c’est gentil, mais inutile !). J’étais la seule juge de ma situation et la seule à devoir chaque jour enfiler mon uniforme et mon faux sourire. Après des vacances horribles où je n’ai pensé qu’au travail, j’ai finalement réussi à trouver un moyen de partir. Et comme par magie, j’ai retrouvé le sourire, le mien, le vrai, celui qui dévoile ma vraie essence.

Me reconstruire en tant que freelance

Mes presque deux années en CDI m’ont beaucoup affectée et m’ont fait douter. Forcément, pendant tout ce temps j’étais tout en bas de l’échelle hiérarchique, et on me le faisait bien sentir. Certes, j’ai appris beaucoup de choses et j’ai eu l’occasion de faire de la traduction médicale, mais j’ai aussi perdu un peu ma foi en ce monde professionnel qui nous entoure. J’ai aussi réalisé que je ne pouvais pas travailler 40H dans un bureau  si le travail ne me plaisait pas. Si je ne suis pas passionnée, je me lasse rapidement. Et comme je n’ai ni enfant à charge ni crédit à rembourser, c’est encore le moment de me lancer ce défi professionnel.  Mon objectif ? Reconstruire mon business de freelance. Traduction, rédaction, Community Management… j’ai tellement hâte de retrouver des missions dans mes domaines de prédilection ! Alors ces prochains mois seront dédiés à la prospection… et à la bonne humeur !

Si vous cherchez quelqu’un de motivé pour de la traduction (allemand, français, anglais) ou de la rédaction (allemand et français) faites-moi signe via le blog ou mon Linkedin.

Photos, Vera Lair © Tous droits réservés.

Lifestyle, Minimalisme

La nomade prend racine ou le début d’une aventure jardinière

C’était un samedi comme tous les autres. J’étais dans le train pour une banlieue de Barcelone où habite une amie à moi. Je regardais par la fenêtre, voyant sous mes yeux défiler des rangées d’immeubles, puis des terrains vagues, et enfin… des potagers communautaires. Mon sang ne fit qu’un tour. Et je me voyais déjà, en marge de la société, en train de cultiver mes légumes. Ô suprême autarcie ! Je suis arrivée chez mon amie et je lui ai dit : ce serait trop génial d’avoir un potager.

Deux semaines plus tard, je signais le bail de ma parcelle de 30m2. J’avais la pêche et une sacrée banane ! Ma surface de terre rien qu’à moi ! Décision hâtive ?  Vous me connaissez, je ne suis pas du genre à tergiverser trop longtemps. La vie est courte et il n’y pas de temps pour faire le poireau. En mars, j’ai donc enfilé ma tenue de guerrière, t-shirt, vieux jean et chapeau de jardinier pour m’attaquer à mon nouveau projet. Dès les premiers instants, je me suis sentie… détendue. Alors que je construisais mes treillis pour mes plants de tomates, le temps semblait s’arrêter autour de moi. je n’éprouvais plus le besoin de regarder mon téléphone (en même temps, il était recouvert par une épaisse couche de terre). Pendant trois heures, j’ai retourné la terre, enfoncé des tiges de bambous et tracé des circuits. Les mains dans le cambouis, tous mes soucis du quotidien me paraissaient lointains et sans importance.

Pourquoi cette révélation ? Depuis que j’ai découvert le minimalisme il y a plusieurs mois, j’ai fait le tri dans ma maison et ma tête. Je me suis débarrassée d’un nombre incalculable de choses, de livres, de babioles, de cadeaux indésirables, de vêtements et de vieux souvenirs. J’ai donné presque la totalité de mes livres et me suis fait offrir une liseuse pour mon anniversaire. Voyager léger, à tous les niveaux ! Seul hic ? Difficile de profiter de son temps libre sans consommer. Après huit mois de cours de poterie (et le constat que je n’avais pas beaucoup de talent), j’étais à la recherche d’un projet qui allait mieux se concilier avec ma remise en question. Quoi de mieux qu’un potager ? 

Parfois la vie urbaine me fatigue. Trop de bruits, trop de gens…. Et pourtant, je ne me vois pas (encore) vivre dans la cambrousse. Le potager, c’est un compromis parfait. J’ai un bout de terre où je peux planter (presque) tout ce que je veux sans trop me prendre le chou. Je passe mon temps à l’air libre (en plein cagnard) et je mets en pause un peu ma vie parfois trop agitée et stressante. Le potager communautaire est situé à Cornellà de Llobregat, une parcelle de 30m2 coûte 35€, une parcelle de 60m2 50 €. N’ayant jamais eu mon propre jardin, j’ai opté sagement pour la première option. Dans l’intention de bientôt en avoir 100 m2 ! Dans la vie, il faut voir grand, il faut rêver !

Ma chienne Winnie adore sauter sur les plantes de mes voisins et je me garde bien de la détacher quand ils sont dans les alentours. D’ailleurs, je me suis déjà fait des copains de parcelle. Tous les samedis, une bande de grands malabars un peu rustres viennent travailler leurs parcelles, puis petit-déjeuner sur l’une des tables de l’aire commune. Ils amènent du vin, du pain, du fromage, du saucisson et des tomates. L’un d’eux s’est amouraché de Winnie et lui donne des petits morceaux de fromage en douce. Moi, j’ai eu droit à plein de tartines délicieuses !

Sur le blog, je partagerai avec vous le développement de mon projet – non pas au niveau pratique (pour ça, il y a de vrais jardiniers), mais plutôt pour partager avec vous ce que m’apporte cette nouvelle aventure. Et j’ai hâte de voir comment le travail de la terre va impacter mon mental. D’ailleurs, le monsieur qui me loue ma parcelle m’a dit la chose suivante : « Ne vois pas ce potager comme une manière de ne plus acheter tes légumes au supermarché. Vois-le comme un projet spirituel qui t’apportera bien plus qu’une récolte physique. En donnant à la terre, celle-ci te rendra la pareille et tu seras heureuse ». « Il faut cultiver son jardin », écrivait Voltaire dans Candide ou l’optimisme. Il avait bien raison !

Alors, à vos râteaux, prêts, partez ! L’aventure de la nomade jardinière commence maintenant !

Photos ©Vera Lair

Minimalisme, Quotidien

Pour une garde-robe minimaliste, éthique et durable

Comme je vous l’ai déjà dit dans un précédent post, j’ai fait le tri dans ma garde-robe. Mais au-delà de ce tri salvateur, j’ai également décidé de limiter mes achats. Malheureusement, je ne suis pas douée comme mon amie Margaux de Couture Débutant qui a décidé de coudre ses propres vêtements. Du coup, j’ai décidé de ne plus acheter de vêtements produits par des marques de grande consommation.

1. Dire stop aux grandes marques

Cela fait quelques mois déjà que je me sens mal à l’aise dans les boutiques type H&M, Lefties et Pull&Bear. Le problème ? J’ai toujours eu un faible pour les vêtements de ces marques bas de gamme. Et en même temps, je me rendais bien compte qu’un t-shirt à 5 € ne pouvait que provenir d’un pays du tiers monde où les travailleurs sont exploités. J’ai donc regardé le documentaire « The True Cost« , parce que je ne voulais plus me mentir au quotidien. Je voulais une bonne fois pour toute me confronter à la terrible réalité de l’industrie vestimentaire, de l’exploitation des employés, des conditions de productions qui ne nuisent pas simplement à tous ces employés sous-payés et maltraités, mais aussi à notre planète. Pour qu’un t-shirt coûte 2 €, une jeune femme doit laisser son enfant chez ses parents à 600 km, car elle ne peut pas s’en occuper et travailler toute le journée pour un salaire de misère. Chaque jours des milliers d’hommes, femmes et enfants se sacrifient pour que nous, dans les pays développés, puissions faire nos emplettes à petit prix.

Image du documenaire The True Cost

2. Ne pas s’apitoyer, agir vraiment

Il est facile d’exprimer sa peine face à l’exploitation continue dont sont responsable les grands groupes de mode. Il est facile d’en parler en soirée, en hochant la tête et prenant un air sérieux, tout en s’affichant avec un sac à main à 12 € acheté en soldes chez C&A. J’ai trop longtemps participé à l’esclavagisme moderne pour ne pas me sentir coupable. Bien sûr que des milliers de gens continuerons à acheter leurs vêtements à petits prix sans porter plus d’attention aux étiquettes « Made in Bangladesh », « Made in India », etc. Seule l’étiquette « -75% » attire réellement notre regard. Mais ces « prix tous doux », n’ont rien de doux. Ils sont synonyme de l’exploitation perpétuelle des travailleurs du textile. Il est donc temps d’agir.

Image du documenaire The True Cost

3. Changer ses habitudes, une bonne fois pour toutes

J’ai décidé de ne plus acheter de vêtements chez H&M et compagnie. En devenant minimaliste, je me rends compte que je n’ai de toute façon pas besoin d’un nombre infini de tenues vestimentaires. Même si je n’en suis pas encore au challenge du Project 333, je n’éprouve plus le besoin de faire constamment du shopping. Evidemment, acheter des vêtements du commerce équitable et « écologiques », a son prix. En même temps, acheter moins permet de s’offrir de temps à en temps une jolie pièce. Et par jolie pièce je ne parle pas d’un sac Chanel ! N’oubliez pas que les marques de luxe ne produisent pas nécessairement dans de meilleures conditions que leurs collègues du low cost. Par contre, il ne s’agit pas non plus de boycotter tous les vêtements en provenance d’Asie ou d’Afrique, mais plutôt de privilégier les marques qui garantissent à leurs travailleurs des conditions de travail et des salaires décents. Après tout, il s’agit de créer des conditions de travail humaines et décentes, et non de provoquer le chômage dans les pays qui vivent du textile.

Parfois, il est bien de prendre conscience de certaines choses.

Evidemment, chacun est libre de faire ce qu’il veut, mais pour le bien de notre planète et de tous ses habitants il est important de ne plus se voiler la face. La bonne nouvelle ? Il est si simple de changer nos habitudes. Acheter moins, mais mieux. Acheter seconde main au lieu de foncer sur les nouvelles collections pas chères. Se prêter des tenues entre copines. Piquer un beau gilet à sa mamie. Mettre le pull tout doux de son mec. Demander à une amie couturière de customiser une vieille chemise. Apprendre à vivre mieux avec moins pour mettre fin à la nausée consumériste.

© Image, Vera Lair, tous droits réservés

Quotidien

Adieu Instagram

Les gens ne lisent plus, les gens ne regardent plus que des vidéos et des images. Dès qu’un texte fait plus d’une page, c’est décourageant. Un réel effort intellectuel ! Mettez toutes vos informations dans le premier paragraphe de votre article, sinon vous perdez plus de la moitié de vos lecteurs. Bref, l’écrit n’a plus la cote. Les images dominent le monde et Instagram les réseaux sociaux. C’est pour cette raison que je n’ai plus d’Instagram lié à mon blog. Petit pied de nez au réseau social le plus populaire de cette décennie !

Un blog bavard

Moi, vous le savez déjà, j’aime bien tailler la bavette avec vous via le blog. Si j’ai de si belles photos, c’est grâce à mon amie Vera Lair qui me fournit en contenus visuels. Mais sinon, il est vrai que ce blog ne se base pas sur l’apparence. Je ne suis pas une blogueuse mode ni lifestyle, on parle finalement surtout de travail et de développement personnel, pas de la dernière robe achetée chez Primark à 7 euros. Alors quel est l’intérêt d’avoir un Instagram ?

– faire comme tout le monde ?

– être tendance ?

– aucun ?

Les mots pour le dire

Comme je suis rédactrice et traductrice, les photos ne me permettent pas d’illustrer mon travail. Si j’étais graphiste, je pourrais mettre mes créations, mais poster une photo d’un tableau Excel que je dois traduire, ça n’est franchement pas très passionnant ! C’est pour cette raison que j’ai préféré me séparer de mon Instagram pour privilégier le blog. D’ailleurs, je limite également le nombre de photos par article et j’ai nettement épuré le design du blog pour que vous puissiez lire l’article en toute tranquillité (visuelle). Une ou deux photos, c’est largement suffisant. L’intérêt principal de ce blog, ce sont les mots pour le dire et non les photos pour le montrer.

Y’a pas photo !

Et puis je ne vais pas vous mentir, Instagram m’a toujours agacée. Je m’en sers surtout pour chercher des recettes végétariennes et des idées zero waste ou… des photos de caniche toy ! Je suis principalement des restos et des chiens. Il y a des jours où je sature de voir tant d’intérieurs parfaitement rangés et aménagés, des gens toujours sur leur 31 et des vies parfaites. Instagram nous pousse à nous comparer aux autres, cela crée une certaine compétition malsaine et ce n’est pas ce que je recherche. J’ai envie de me réveiller le matin et de me dire : J’aime ma vie (même si je n’ai pas la dernière paire d’Adidas, la nouvelle vaisselle de chez Bloomingville ou un mec qui m’emmène à Bali).  Sans oublier qu’il s’agit surtout de placement de produits. La plupart des blogueurs et des utilisateurs Instagram font de la publicité, rares sont les comptes qui ne nous abreuvent pas de posts sponsorisés. Compte tenu de mon envie de devenir minimaliste, je n’ai plus envie de me soumettre à cette incitation permanente au consumérisme.

Ce blog se passera donc désormais d’Instagram. Et vous, toujours actifs sur Instagram ?

© Photo, Vera Lair, tous droits réservés