Lifestyle, Minimalisme

La nomade prend racine ou le début d’une aventure jardinière

C’était un samedi comme tous les autres. J’étais dans le train pour une banlieue de Barcelone où habite une amie à moi. Je regardais par la fenêtre, voyant sous mes yeux défiler des rangées d’immeubles, puis des terrains vagues, et enfin… des potagers communautaires. Mon sang ne fit qu’un tour. Et je me voyais déjà, en marge de la société, en train de cultiver mes légumes. Ô suprême autarcie ! Je suis arrivée chez mon amie et je lui ai dit : ce serait trop génial d’avoir un potager.

Deux semaines plus tard, je signais le bail de ma parcelle de 30m2. J’avais la pêche et une sacrée banane ! Ma surface de terre rien qu’à moi ! Décision hâtive ?  Vous me connaissez, je ne suis pas du genre à tergiverser trop longtemps. La vie est courte et il n’y pas de temps pour faire le poireau. En mars, j’ai donc enfilé ma tenue de guerrière, t-shirt, vieux jean et chapeau de jardinier pour m’attaquer à mon nouveau projet. Dès les premiers instants, je me suis sentie… détendue. Alors que je construisais mes treillis pour mes plants de tomates, le temps semblait s’arrêter autour de moi. je n’éprouvais plus le besoin de regarder mon téléphone (en même temps, il était recouvert par une épaisse couche de terre). Pendant trois heures, j’ai retourné la terre, enfoncé des tiges de bambous et tracé des circuits. Les mains dans le cambouis, tous mes soucis du quotidien me paraissaient lointains et sans importance.

Pourquoi cette révélation ? Depuis que j’ai découvert le minimalisme il y a plusieurs mois, j’ai fait le tri dans ma maison et ma tête. Je me suis débarrassée d’un nombre incalculable de choses, de livres, de babioles, de cadeaux indésirables, de vêtements et de vieux souvenirs. J’ai donné presque la totalité de mes livres et me suis fait offrir une liseuse pour mon anniversaire. Voyager léger, à tous les niveaux ! Seul hic ? Difficile de profiter de son temps libre sans consommer. Après huit mois de cours de poterie (et le constat que je n’avais pas beaucoup de talent), j’étais à la recherche d’un projet qui allait mieux se concilier avec ma remise en question. Quoi de mieux qu’un potager ? 

Parfois la vie urbaine me fatigue. Trop de bruits, trop de gens…. Et pourtant, je ne me vois pas (encore) vivre dans la cambrousse. Le potager, c’est un compromis parfait. J’ai un bout de terre où je peux planter (presque) tout ce que je veux sans trop me prendre le chou. Je passe mon temps à l’air libre (en plein cagnard) et je mets en pause un peu ma vie parfois trop agitée et stressante. Le potager communautaire est situé à Cornellà de Llobregat, une parcelle de 30m2 coûte 35€, une parcelle de 60m2 50 €. N’ayant jamais eu mon propre jardin, j’ai opté sagement pour la première option. Dans l’intention de bientôt en avoir 100 m2 ! Dans la vie, il faut voir grand, il faut rêver !

Ma chienne Winnie adore sauter sur les plantes de mes voisins et je me garde bien de la détacher quand ils sont dans les alentours. D’ailleurs, je me suis déjà fait des copains de parcelle. Tous les samedis, une bande de grands malabars un peu rustres viennent travailler leurs parcelles, puis petit-déjeuner sur l’une des tables de l’aire commune. Ils amènent du vin, du pain, du fromage, du saucisson et des tomates. L’un d’eux s’est amouraché de Winnie et lui donne des petits morceaux de fromage en douce. Moi, j’ai eu droit à plein de tartines délicieuses !

Sur le blog, je partagerai avec vous le développement de mon projet – non pas au niveau pratique (pour ça, il y a de vrais jardiniers), mais plutôt pour partager avec vous ce que m’apporte cette nouvelle aventure. Et j’ai hâte de voir comment le travail de la terre va impacter mon mental. D’ailleurs, le monsieur qui me loue ma parcelle m’a dit la chose suivante : « Ne vois pas ce potager comme une manière de ne plus acheter tes légumes au supermarché. Vois-le comme un projet spirituel qui t’apportera bien plus qu’une récolte physique. En donnant à la terre, celle-ci te rendra la pareille et tu seras heureuse ». « Il faut cultiver son jardin », écrivait Voltaire dans Candide ou l’optimisme. Il avait bien raison !

Alors, à vos râteaux, prêts, partez ! L’aventure de la nomade jardinière commence maintenant !

Photos ©Vera Lair

Minimalisme, Quotidien

Pour une garde-robe minimaliste, éthique et durable

Comme je vous l’ai déjà dit dans un précédent post, j’ai fait le tri dans ma garde-robe. Mais au-delà de ce tri salvateur, j’ai également décidé de limiter mes achats. Malheureusement, je ne suis pas douée comme mon amie Margaux de Couture Débutant qui a décidé de coudre ses propres vêtements. Du coup, j’ai décidé de ne plus acheter de vêtements produits par des marques de grande consommation.

1. Dire stop aux grandes marques

Cela fait quelques mois déjà que je me sens mal à l’aise dans les boutiques type H&M, Lefties et Pull&Bear. Le problème ? J’ai toujours eu un faible pour les vêtements de ces marques bas de gamme. Et en même temps, je me rendais bien compte qu’un t-shirt à 5 € ne pouvait que provenir d’un pays du tiers monde où les travailleurs sont exploités. J’ai donc regardé le documentaire « The True Cost« , parce que je ne voulais plus me mentir au quotidien. Je voulais une bonne fois pour toute me confronter à la terrible réalité de l’industrie vestimentaire, de l’exploitation des employés, des conditions de productions qui ne nuisent pas simplement à tous ces employés sous-payés et maltraités, mais aussi à notre planète. Pour qu’un t-shirt coûte 2 €, une jeune femme doit laisser son enfant chez ses parents à 600 km, car elle ne peut pas s’en occuper et travailler toute le journée pour un salaire de misère. Chaque jours des milliers d’hommes, femmes et enfants se sacrifient pour que nous, dans les pays développés, puissions faire nos emplettes à petit prix.

Image du documenaire The True Cost

2. Ne pas s’apitoyer, agir vraiment

Il est facile d’exprimer sa peine face à l’exploitation continue dont sont responsable les grands groupes de mode. Il est facile d’en parler en soirée, en hochant la tête et prenant un air sérieux, tout en s’affichant avec un sac à main à 12 € acheté en soldes chez C&A. J’ai trop longtemps participé à l’esclavagisme moderne pour ne pas me sentir coupable. Bien sûr que des milliers de gens continuerons à acheter leurs vêtements à petits prix sans porter plus d’attention aux étiquettes « Made in Bangladesh », « Made in India », etc. Seule l’étiquette « -75% » attire réellement notre regard. Mais ces « prix tous doux », n’ont rien de doux. Ils sont synonyme de l’exploitation perpétuelle des travailleurs du textile. Il est donc temps d’agir.

Image du documenaire The True Cost

3. Changer ses habitudes, une bonne fois pour toutes

J’ai décidé de ne plus acheter de vêtements chez H&M et compagnie. En devenant minimaliste, je me rends compte que je n’ai de toute façon pas besoin d’un nombre infini de tenues vestimentaires. Même si je n’en suis pas encore au challenge du Project 333, je n’éprouve plus le besoin de faire constamment du shopping. Evidemment, acheter des vêtements du commerce équitable et « écologiques », a son prix. En même temps, acheter moins permet de s’offrir de temps à en temps une jolie pièce. Et par jolie pièce je ne parle pas d’un sac Chanel ! N’oubliez pas que les marques de luxe ne produisent pas nécessairement dans de meilleures conditions que leurs collègues du low cost. Par contre, il ne s’agit pas non plus de boycotter tous les vêtements en provenance d’Asie ou d’Afrique, mais plutôt de privilégier les marques qui garantissent à leurs travailleurs des conditions de travail et des salaires décents. Après tout, il s’agit de créer des conditions de travail humaines et décentes, et non de provoquer le chômage dans les pays qui vivent du textile.

Parfois, il est bien de prendre conscience de certaines choses.

Evidemment, chacun est libre de faire ce qu’il veut, mais pour le bien de notre planète et de tous ses habitants il est important de ne plus se voiler la face. La bonne nouvelle ? Il est si simple de changer nos habitudes. Acheter moins, mais mieux. Acheter seconde main au lieu de foncer sur les nouvelles collections pas chères. Se prêter des tenues entre copines. Piquer un beau gilet à sa mamie. Mettre le pull tout doux de son mec. Demander à une amie couturière de customiser une vieille chemise. Apprendre à vivre mieux avec moins pour mettre fin à la nausée consumériste.

© Image, Vera Lair, tous droits réservés

Quotidien

Adieu Instagram

Les gens ne lisent plus, les gens ne regardent plus que des vidéos et des images. Dès qu’un texte fait plus d’une page, c’est décourageant. Un réel effort intellectuel ! Mettez toutes vos informations dans le premier paragraphe de votre article, sinon vous perdez plus de la moitié de vos lecteurs. Bref, l’écrit n’a plus la cote. Les images dominent le monde et Instagram les réseaux sociaux. C’est pour cette raison que je n’ai plus d’Instagram lié à mon blog. Petit pied de nez au réseau social le plus populaire de cette décennie !

Un blog bavard

Moi, vous le savez déjà, j’aime bien tailler la bavette avec vous via le blog. Si j’ai de si belles photos, c’est grâce à mon amie Vera Lair qui me fournit en contenus visuels. Mais sinon, il est vrai que ce blog ne se base pas sur l’apparence. Je ne suis pas une blogueuse mode ni lifestyle, on parle finalement surtout de travail et de développement personnel, pas de la dernière robe achetée chez Primark à 7 euros. Alors quel est l’intérêt d’avoir un Instagram ?

– faire comme tout le monde ?

– être tendance ?

– aucun ?

Les mots pour le dire

Comme je suis rédactrice et traductrice, les photos ne me permettent pas d’illustrer mon travail. Si j’étais graphiste, je pourrais mettre mes créations, mais poster une photo d’un tableau Excel que je dois traduire, ça n’est franchement pas très passionnant ! C’est pour cette raison que j’ai préféré me séparer de mon Instagram pour privilégier le blog. D’ailleurs, je limite également le nombre de photos par article et j’ai nettement épuré le design du blog pour que vous puissiez lire l’article en toute tranquillité (visuelle). Une ou deux photos, c’est largement suffisant. L’intérêt principal de ce blog, ce sont les mots pour le dire et non les photos pour le montrer.

Y’a pas photo !

Et puis je ne vais pas vous mentir, Instagram m’a toujours agacée. Je m’en sers surtout pour chercher des recettes végétariennes et des idées zero waste ou… des photos de caniche toy ! Je suis principalement des restos et des chiens. Il y a des jours où je sature de voir tant d’intérieurs parfaitement rangés et aménagés, des gens toujours sur leur 31 et des vies parfaites. Instagram nous pousse à nous comparer aux autres, cela crée une certaine compétition malsaine et ce n’est pas ce que je recherche. J’ai envie de me réveiller le matin et de me dire : J’aime ma vie (même si je n’ai pas la dernière paire d’Adidas, la nouvelle vaisselle de chez Bloomingville ou un mec qui m’emmène à Bali).  Sans oublier qu’il s’agit surtout de placement de produits. La plupart des blogueurs et des utilisateurs Instagram font de la publicité, rares sont les comptes qui ne nous abreuvent pas de posts sponsorisés. Compte tenu de mon envie de devenir minimaliste, je n’ai plus envie de me soumettre à cette incitation permanente au consumérisme.

Ce blog se passera donc désormais d’Instagram. Et vous, toujours actifs sur Instagram ?

© Photo, Vera Lair, tous droits réservés

Vie de Freelance

Répartir de zéro grâce au minimalisme

Je suis une vrai bordélique, de celles qui laissent les vêtements s’empiler jusqu’à devoir les escalader pour se frayer un passage dans la chambre. Demandez à mon père : Je suis une reine du laisser trainer les tasses de thé à moitié pleines. Je me lève et je laisse tout derrière moi. Je lave mes vêtements quand je n’ai strictement plus rien à me mettre à part un vieux pyjama troué. Bref, je suis une tornade humaine. Là où je passe, rien ne repousse ni retrouve sa place ! Puis, j’ai regardé le documentaire « Minimalism » sur Netflix – et je me suis débarrassé de 90% de mes livres, 60% de mes vêtements, 90% des choses inutiles que je gardais « au cas où » pour retrouver le temps d’écrire, le temps de faire du vélo, le temps d’écrire, bref le temps de vivre.

Minimalism, ou comment un documentaire change la vie des gens

Minimalism, de quoi parle ce documentaire (dispo sur Netflix) ? Deux gars, Joshua Fields Mills et Ryan Nicodemus, la trentaine, ont tout quitté du jour au lendemain pour se dédier au minimalisme. Pourtant aux yeux de la société, ils avaient tout pour être heureux. Un job bien payé, une épouse, une belle voiture, et beaucoup d’argent et de bien matériaux. Puis, un jour ce constat déstabilisant : Malgré toutes les choses qu’ils possédaient, malgré tous les symboles de statut social accumulés, ils n’étaient pas heureux. Pourquoi ? Parce que le revers de la médaille, ce sont des crédits à rembourser sur trente ans, des heures supplémentaires à n’en plus finir et des objets qui s’accumulent dans le garage et prennent poussière. Les Américains ont en moyenne quatre prêts à rembourser. Résultats des courses ? Des dettes, pas de temps libre, des tensions, des disputes et l’impression de perdre leurs meilleures années. Alors ils ont commencé à s’intéresser au minimalisme – et ils se sont débarrassés du superflu dans leur vie. Une décision libératrice qui m’a motivée à faire pareil. Vous pouvez également aller voir leur blog The Minimalists qui offre plein d’astuces pour devenir minimaliste.

Ryan et Joshua, minimalistes et heureux de l’être !

Faire le vide dans sa maison – et dans sa tête

J’ai toujours eu la tendance à être radicale. J’aime passionnément, je déteste de tout cœur… Bref, le juste milieu, ça n’a jamais été mon point fort. Mais comme je vais bientôt passer le cap des trente ans, je peux vous dire une chose : tout n’est pas perdu ! Ces derniers mois, et suite au changement professionnel dont j’ai parlé dans mon dernier article, j’ai commencé à mettre de l’eau dans mon vin. J’essaie de ne plus être trop directe, trop entière, trop chaotique et stressée. Et c’est justement l’approche du minimalisme qui a réellement touché une corde sensible chez moi. J’ai pris conscience que si j’avais toujours autant de bordel dans ma vie, c’est parce que je le créais. En achetant trop de choses, en gardant tout, en ne jetant rien, j’avais finalement construit un monde hyper chaotique autour de moi. Pour y remédier, il fallait que je m’attaque au grand tri. J’ai donc suivi le challenge des 30 jours de tri dont Ryan et Joshua parlent sur leur blog. Jour  1 : vous vous débarrassez d’une chose. Jour 2: deux choses et ainsi de suite jusqu’au jour 30 où il faut jeter / donner trente objets. Au bout d’environ 15 jours, j’avais atteint mon objectif (Radicale moi ? Mais non !!). Une fois avoir donné plus de la moitié de mes vêtements, mon armoire ne débordait plus et je me suis sentie libérée d’un poids énorme. Une autre pensée s’est par la suite jointe au soulagement : le sentiment de culpabilité face à tant de vêtements (dont certains que je n’avais portés qu’une seule fois… dans la cabine d’essayage !).

Quitter le mode du « vouloir toujours plus » pour entrer dans le mode « avoir besoin de moins »

Pourquoi possédais-je huit paires de jeans ? Pourquoi avoir acheté 5 robes rouges alors que je n’en portais qu’une seule (les tapas ont eu raison de mon taille 36 il y a bien longtemps, ne nous faisons pas d’illusion, impossible de rentrer mon fessier dans les quatre autres modèles). Sans oublier les chaussettes dépareillés qui ne retrouveront jamais leur âme sœur. Je n’ai pas eu besoin de poser la question de Marie Kondo « Does it spark joy? ». J’ai tout simplement viré tous les vêtements que je ne portais pas / plus ou qui ne m’allais plus (ou jamais). Au bout d’une heure, j’avais rempli 5 sacs énormes et mon corps émettait une tonne d’endorphines.  C’était merveilleux de se sentir soudainement si légère ! Conclusion, chers lecteurs ? Nous avons grandit dans l’idée qu’il fallait toujours avoir plus. Avoir plus pour être plus heureux, plus « fashion », plus populaire… En faisant le choix du minimalisme, j’ai compris que je n’avais pas besoin de tant de choses et que j’étais d’ailleurs plus heureuse et, ô miracle, beaucoup plus ordonnée en possédant moins !

C’est en faisant ainsi le tri dans mon appartement que j’ai enclenché un autre processus, celui d’un tri psychologique. J’ai vraiment envie de faire de 2019 une année charnière de remise en question – sur un plan professionnel, mais aussi personnel. J’ai envie de questionner certaines de mes habitudes et certains de mes schémas de pensée pour, qui sait, trouver un peu plus ma voie.

Et vous, vous comptez faire le tri en 2019 ?

Je vous conseille vivement le livre Minimalism – Live a Meaningful Life, de Ryan Nicodemus et Joshua Fields Mills.

© Vera Lair, tous droits réservés

Vie de Freelance

2019 ou la nécessité de repenser le travail moderne

Le diktat du dépassement de soi

Depuis la fin de mon activité de freelance à temps plein, j’ai réellement pris conscience de l’instabilité de notre situation professionnelle. Alors que la génération de nos grands-parents (et en partie de nos parents) suivait encore le modèle classique d’un emploi à vie (la même entreprise pendant plus de 30 ans), la nouvelle génération fait fasse à une situation économique qui la pousse à parfois devoir se réinventer. Cela a ses avantages : moins de routine, de nouveaux challenges et de nouvelles opportunités. Mais n’oublions pas les inconvénients : une incertitude quasi permanente, une situation financière instable et l’obligation de se soumettre au diktat du dépassement de soi (mobilité, heures supplémentaires, accumulation de compétences diverses et variées). Installée depuis quatre ans à Barcelone, le bilan est bien pire que dans d’autres pays euorpéen.

L’Espagne, pays des cadres sous-payés

En Espagne, la situation de l’emploi est sinistre. Les offres d’emplois font deux pages, listent une ribambelles de pré-requis : quadrilingue, master, expérience à l’étranger, plusieurs années d’expérience dans un poste similaire, des références à gogo, une maitrise parfaite d’une dizaine de logiciels informatiques, une volonté de se surpasser en permanence et de donner le meilleur de soi – et bien sûr la fameuse envie de travailler dans un environnement international, moderne et jeune. Le petit plus : café et fruits à volonté et une table de babyfoot. Et le salaire dans tout cela ? N’en parlons pas, ce n’est qu’un détail dérisoire. Pour un poste de chef de projet de traduction, le postulant peut aspirer à la modique somme de 19K annuels. De quoi de payer le loyer, les courses, mais sûrement pas les prochaines vacances ou l’abonnement à la salle de sport.

(Sur)-Vivre en 2019

Quel bonheur de vous retrouver via le blog, Facebook et les emails ! Chaque mot m’a touché, chaque petite remarque encouragée, chaque retour de votre part ému. Merci beaucoup, vous m’aviez manqué ! Et c’est grâce à vous que ce blog va continuer à vivre. Car j’ai l’intention de parler de vous. Ah bon ? Ah oui, de vous ! Ces prochaines semaines, je voudrais lancer une nouvelle série de portraits. Que vous soyez freelance, ex-freelance ou futur freelance, j’ai envie de parler de vous et de votre parcours professionnel. Travailler en 2019, c’est quoi ? Quelles sont vos motivations, vos ambitions et vos priorités ? Et pour ceux qui sont à leur compte, c’est l’occasion de présenter vos compétences et votre travail à la communauté de Nomad’s Heart – et nous raconter votre vision du travail moderne.

Alors oui, je pourrais rentrer en France ou en Allemagne, tenter ma chance en Angleterre ou ailleurs, mais je me sens bien à Barcelone. J’ai la chance de vivre près de la mer, de jouir d’une météo fantastique, d’avoir des amis et un joli appartement. La recherche d’emploi est finalement l’une des seules ombres au tableau, car les offres ne manquent pas. Ce sont les salaires décents qui font défaut. Vivre à Barcelone est moins cher que vivre à Paris. Néanmoins, une chambre en colocation (avec une fenêtre et un lit double, pas un cagibi !) avoisine depuis deux ou trois ans les 500-550 € malgré un salaire minimum national de 1050€ bruts. Le calcul est vite fait : les salaires ne tiennent pas la route en Catalogne – à moins d’avoir la chance d’être expatrié ou embauché dans un domaine lucratif par une entreprise internationale. Et encore ! Le premier salaire à l’embauche chez certaines entreprises de consulting renommées ne dépassent pas les 16 K annuels (pour un temps plein !).

Pour ma part, j’ai choisi de m’intéresser de plus près au minimalisme dont je vous parlerai dans un prochaine article. Car peut-être que la maladie de ce siècle peut être guérie par nos propres soins. Au lieu de toujours vouloir plus, peut-être suffit-il de nécessiter moins (et donc de dépenser moins). Affaire à suivre…

PS : Pour ce qui ont envie de témoigner sur le blog (à visage ouvert ou anonymement), veuillez m’envoyer un email à info.nomadsheart@gmail.com en présentant votre situation professionnelle actuelle et le focus sur lequel vous désirez insister (ex : reconversion professionnelle, obligation d’avoir un job alimentaire, lancement d’une activité en freelance…).

Photos © Vera Lair tous droits réservés

Vie de Freelance

Ce que je n’ai pas osé vous dire

Je ne suis plus freelance à temps plein depuis plus d’un an maintenant. Voilà, c’est dit !

Suite à l’arrêt de mes principales missions pour cause de restrictions budgétaires, je ne pouvais plus payer mes factures, j’arrivais à peine à garder la tête hors de l’eau. J’étais angoissée, dormais mal et ne savais plus que faire. La prospection ne donnait rien et il fallait bien que j’assure le loyer, les abonnements divers, les courses au supermarché. Alors j’ai postulé auprès d’entreprises proposant des… CDI.

Un contrat à durée indéterminée. Pendant mes années freelances, j’avais commencé à mépriser cette manière de travailler, et peut-être en suis-je toujours au même point. Je n’aime pas l’idée de faire chaque jour la même chose. Pourtant aujourd’hui, je suis soulagée d’avoir un revenu fixe et la possibilité de planifier mes vacances, mes activités, mes weekends…

Plus d’un an… et que de choses ont changé. J’ai emménagé avec ma meilleure amie (Vera Lair qui fait toujours de si jolies photos de moi !), j’ai adopté un chien (Winnie, un caniche toy adorable), j’ai accepté un travail en tant qu’assistante médicale quadrilingue dans une clinique privée à Barcelone et j’ai finalement sauté le pas de la rhinoplastie suite à mon accident il y a  quatre ans.

Si je n’ai pas osé toucher au blog, c’est parce que j’avais l’impression que le retour au CDI était échec. La nomade se pose, la nomade vend son âme au diable… la nomade quoi ? La nomade aussi connait les insécurités, les soucis financiers, les envies de stabilité. Alors, j’ai fait ce qui m’a semblé adéquat, j’ai signé ce contrat et me voilà donc employée avec une hiérarchie, des ordres à exécuter et des tâches quotidiennes répétitives. Autant vous dire que j’ai pris une énorme claque. Se lever chaque jour à la même heure, prendre le métro, dire oui aux chefs sans moufter. Ce n’était pas mon monde, j’avais désappris le salariat !

Pendant mes trois mois de formation, j’ai dû pleurer un soir sur deux. J’y allais en trainant des pieds, j’étais malheureuse comme les pierres. Mais j’avais décidé d’en faire un challenge, d’affronter ce défi et de le voir comme une opportunité pour améliorer mon espagnol et découvrir le milieu médical. Chaque jour je me disais : « Je vais craquer. Je vais péter un plomb. Je ne peux pas y aller. » Et pourtant, chaque jour je me levais et j’y allais. J’ai mis un an à accepter la situation telle qu’elle était en continuant à faire des missions de freelance. Parfois, je me lève plus tôt pour faire une traduction avant d’aller à la clinique. Ce n’est pas toujours simple, mais c’est mon seul moyen de ne pas perdre de vue ce que j’aime réellement faire.

Alors me voilà habillée d’un uniforme, à gérer des patients venus du monde entier pour se faire soigner à Barcelone. Cette claque que je me suis prise m’a appris à être humble, à ne plus mépriser toutes ces personnes qui chaque jours ont fait le choix d’aller travailler dans un bureau, et pire encore, dans l’administration ! J’ai toujours détesté l’administration et me voilà en train de gérer des dossiers médicaux. C’est finalement la première fois de ma vie que je fais un travail alimentaire – et sans aucun rapport avec mes passions.

Je pourrais le voir comme un échec, ou comme une bénédiction – un petit rappel à l’ordre qui me dirait : « Hey, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Parfois, tu es au bord de la noyade, puis tu arrives à t’accrocher à un rocher. Mais le rocher n’est là que pour t’aide. A toi de te sortir maintenant de l’eau. »

C’est ce que je fais. J’essaie de voir le bon côté des choses, de ne pas voir les aléas de la vie comme des échecs. Car ce ne sont pas des échecs, mais bien des épreuves. A nous de les surmonter la tête haute !

Du coup, ce blog ne sera plus vraiment un blog sur la vie de freelance, mais peut-être un lieu de rencontre virtuel pour les gens qui, comme moi, se cherchent professionnellement et personnellement. Bon, et bien sûr, un endroit pour partager avec vous des photos de mon chiot qui a réellement changé ma vie !

J’espère avoir de vos nouvelles ! Que faites-vous ? Comment allez-vous, mes chers lecteurs ?