Vie de Freelance

La dépression : deux ans plus tard

Cet article me demande du courage. Si je décide de vous en parler sur le blog, c’est parce que j’espère pouvoir aider un peu celles et ceux qui sont passé(e)s par ce que j’ai pu vivre. Sans rentrer dans trop de détails, je pense qu’il est important de parler de certains sujets difficiles. Pour ma part, c’est la dépression. Je n’ai pas toujours été heureuse comme je le suis aujourd’hui. Pour connaitre le grand bonheur, il faut parfois passer par la souffrance. Et la souffrance (mentale), je l’ai connue. Il y a un deux ans jour pour jour j’ai fait une dépression nerveuse d’une violence inouïe. 24 mois plus tard, j’ai fait du chemin. Je ne suis pas guérie, car l’on ne guéri jamais vraiment. On apprend à vivre avec ses démons. J’ai le recul nécessaire pour tirer un premier bilan. Le travail sur moi-même et la choix de quitter la France (surtout Paris)  y sont clairement pour quelque chose !

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D’après Freud, la plupart des gens sont plus ou moins névrosés. Mais au bout de dix ans, il m’était impossible de contrôler mes angoisses, mes peurs et mes terreurs. Mes angoisses avaient définitivement pris possession de mon mental et de mon corps, trop affaibli pour résister un jour de plus. Le mot craquage n’est pas trop faible, c’est d’ailleurs un bien joli euphémisme. C’est une écluse qui s’est ouverte en ce jour beau jour du mois de mai 2014 dans une explosion fracassante, me noyant dans l’accumulation de mes traumatismes d’enfance, mes appréhensions face à un avenir que je jugeais incertain et mes relations compliquées avec ma famille.

Tremblotante, paniquée et complètement anéantie par l’angoisse, j’étais accroupie au-dessus de mes toilettes vétustes et hurlait au Salut. Je ne pouvais plus tenir une seule seconde dans cet état. Je voulais avaler des cachets, sauter par la fenêtre ou me fracasser la tête contre un mur. J’étais prête à tout pour faire cesser ces pensées qui hantaient mon esprit. Je pleurais tandis que mes démons dansaient la java sur la cuvette des toilettes.

Certains diront : Il n’y avait personne pour la soutenir ?

Je vous réponds : Vous êtes toujours seul face à vos démons.

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Confortablement installé dans un fauteuil, mon colocataire jouait aux jeux vidéo. Ce soir-là, alors qu’on se connaissait depuis quatre ans et que je faisais une crise d’angoisse d’une violence inouïe, il n’est pas venu me voir pour demander s’il pouvait m’aider. Je ne lui en ai pas tenu rigueur. Que voulez-vous ? Votre entourage n’est jamais préparé à gérer ce genre de situations. Il pourra vous porter un certain temps à bout de bras. Mais votre vie, c’est à vous de la vivre, c’est à vous d’apprendre à l’aimer à nouveau.

Je voyais un psychanalyste depuis plus de cinq ans, mais j’étais arrivée à ce point où les mots ne suffisaient plus. Je ne supportais plus ses silences, alors que tout ce que je voulais, c’était qu’on me prenne par la main et me dise : tout ira bien. Allongée sur le canapé, je parlais de mes peurs, je pleurais, puis c’était fini. Psychanalyste jungien, un quart d’heure par séance. Que vous soyez au bord du précipice ou non : c’est un quart d’heure à 43,70€. Un tarif digne des putes de luxe. En larmes, je faisais mon chèque et reprenais le métro pour ma banlieue. 45 minutes de métro où j’angoissais, entourée par trop de monde joyeux et oppressant. Car oui, quand vous faites une dépression, même les gens dans le métro qui d’habitude font la gueule, ont l’air d’être sous ecstasy.

Le temps, le temps

Cela a duré plusieurs semaines, puis j’ai repris ma vie, tout doucement, sans me brusquer. Il fallait que je réapprenne la vie, la joie et la confiance. Je ne vais pas vous cacher que j’ai dû recourir aux médicaments (que je prends toujours mais que je compte arrêter bientôt et petit à petit). Il faut savoir donner un break à votre corps. Et Dieu sait qu’il en avait besoin ! Accepter que l’on ne peut pas tout gérer dans la vie, c’est aussi ça le début de la sagesse. Dans un monde toujours plus compétitif, on essaie toujours de donner le meilleur de soi. Il y a un an, je n’avais plus rien à donner. Il m’a fallu de la patience, de l’amour (celui que l’on se donne à soi-même), il a fallu panser les plaies et attendre qu’elles se referment. Ça prend du temps, beaucoup de temps. J’ai décidé de me faire du bien, de voyager, de me donner les moyens de réussir dans ma vie de freelance et de reprendre le blog différemment. Certains diront : Elle parle de ça sur son blog ?! Bah oui, je m’en fiche ! La vie n’est pas toujours rose, ce serait idiot de prétendre le contraire, non ?

Aujourd’hui, je vais bien mieux, je vis dans une ville qui m’a donné un second souffle, une joie de vivre nouvelle. Je ne suis pas guérie (Peut-on vraiment « guérir » ? Question pour un champion…), mais je suis heureuse. C’est sûrement le meilleur remède aux angoisses. Le bonheur fait taire la peur.

PS : J’ai fait le choix d’illustrer cet article de photos qui respirent la joie parce qu’il ne faut pas se laisser faire ! Battez-vous, ça en vaut toujours la peine ! Merci à ma copine d’amour Vera Lair pour ces beaux clichés 🙂

Anissa2016

Faire un câlin à un palmier est bon pour la santé mentale, je vous encourage à le faire !

©Vera Lair Tous droits réservés

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31 Comments

  • Reply Denisss000 31 mai 2016 at 16 h 25 min

    C’est beau ce courage, dis ! J’ai emprunté un chemin voisin, et je suis sorti des la partie peu praticable il y a un peu plus de 2 ans. Non la vie n’est pas toute rose, mais on va quand même l’aimer et la chanter hein ? 🙂

    (Et je valide le câlin aux arbres !)

  • Reply Sarah, Les Jolis Mondes 31 mai 2016 at 17 h 09 min

    Merci de partager cela avec nous, c’est très personnel mais très inspirant, je crois que ton article peut en effet aider des personnes qui vivent des expériences similaires, leur montrer qu’on peut s’en sortir, aller mieux, réapprendre à aimer la vie. Un grand bravo pour le chemin parcouru !

  • Reply Audrey 1 juin 2016 at 5 h 17 min

    Je me reconnais tellement dans tes mots. J’avais besoin de lire ça. ça fait 1 an. Ne pas regardez trop longtemps en arrière et célébrer le chemin parcouru. A la fin de ton article j’ai eu une idée je vais fêter cet anniversaire (un verre, un repas au restaurant…). Je vais célébrer la vie ! Merci pour ton partage authentique.

  • Reply Vanessa 1 juin 2016 at 9 h 54 min

    Je suis très touchée par ton article, il me parle beaucoup. J’aime surtout l’espoir qui s’en dégage. Même si comme tu dis, on ne guérit pas vraiment, on apprend à vivre avec et surtout à mieux faire face. Bravo à toi !

  • Reply Contes et Délices 1 juin 2016 at 11 h 28 min

    Ton article me touche ! Bravo d’avoir réussi à mettre des mots sur ce qui s’est passé.
    Je te souhaite tout le bonheur du monde 🙂

  • Reply Chic_pratique 1 juin 2016 at 12 h 38 min

    Des fois on essaie de quitter cet état mais il nous rattrape de plus belle. J’ai récemment appris que la chanteuse selah sue que j’aime beaucoup était dépressive aussi. pourtant elle fait toujours des concerts. Bravo de traiter ce thème. Parfois on se sent seul, on découvre qu’on est pas seul mais pas heureux de savoir que d’autres sont concernés… Ravie de la manière dont tu l’aborde et de cette dernière photo qui donne envie d’habiter au bord de la mer pour faire des câlins à des palmiers toute la journée… (La folie me guette)

  • Reply Hirondellina 1 juin 2016 at 13 h 23 min

    Texte très émouvant et O combien optimiste…
    Je ne suis jamais passée par l’épreuve de le dépression même si l’annonce de mon cancer a été d’une grande violence. Je te félicite d’avoir su retrouver le sourire. Que cette joie de vivre t’accompagne chaque jour… Je penserai au câlin palmier lors de mes prochaines vacances !!!

  • Reply Claire 1 juin 2016 at 13 h 49 min

    Ton article est une bouffée d’oxygène, merci beaucoup !
    Tu dois te douter que si il m’interpelle et me touche particulièrement, c’est parce que j’ai eu la même expérience que toi.
    Je suis tellement contente que tu ailles mieux aujourd’hui, ce n’est pas un combat facile. Il faut réagir vite et en effet, accepter ses faibles et se faire aider.
    Ce que tu dis : « on n’est jamais vraiment guéri » est t