Vie de Freelance

Les 10 commandements du freelance modèle – et pourquoi la réalité se moquera de vous #1

Se lancer en freelance, cela ressemble à un nouvel an. On fait table rase, on reprend à zéro et surtout, on a plein de bonnes résolutions très raisonnables et louables. Pour tout vous dire, j’avais ma petite idée bien à moi de mon activité d’auto-entrepreneuse débutante. Mon imaginaire regorgeait d’idées fantasmatiques d’un quotidien organisé et rondement mené. Vous savez, dans les films, c’est cette scène parfaite où la vie sourit au héros, la musique est belle, l’étalonnage sublime et le monde harmonieux et en paix. Puis, un crissement comme une corde de guitare arrachée et l’on voit le héros dans la mouise, débordé et peu glamour. La vie de freelance, c’est pareil. Au début, on est bien décidé à mettre en place toute une panoplie de règles et de dispositifs logistiques pour avoir un quotidien réglé et structuré. Et puis, le naturel revient au galop… et vous vous prenez un coup de crinière dans la gueule !

1. Tous les jours, tu te lèveras tôt

Je m’entends encore dire aux gens (avec une voix un peu parisienne et hautaine): « Nan, mais tu vois. Ce qui est important quand tu taffes en free, c’est ton rythme. Nan mais, tu te lèves à pas d’heure. C’est fini, c’est le début de la fin, quoi ! » Pour tout vous dire, j’ai mes phases où je me lève tôt. Ça dure environ une semaine ou deux, puis je me laisse tenter par des horaires plus laxistes. Je ne me lève jamais à 11 heures (ou rarement) en semaine. Mais il m’arrive d’enchainer les levers à 10 heures, ce qui me fait un peu culpabiliser. Pour ma part, je ne vais jamais chez mes clients, je ne fais que du télétravail. Mais cela n’excuse en rien mon rythme, bien sûr. J’aimerais me lever tôt, avoir un rythme régulier, etc. Je n’y arrive pas ! Les guides de freelance, vous diront qu’il est très important d’avoir un rythme comme si vous alliez au bureau. Moi, je dis bullshit saperlipopette. Je travaille beaucoup mieux le soir quand mes clients dorment déjà. Je suis ultra-productive à la tombée de la nuit quand il s’agit de mes missions de rédactrice notamment (l’inspiration, tout ça !) Et il en est de-même pour Monsieur (motion designer & graphiste). Lui est carrément imbattable et se lève vers midi tous les jours (ohlala, il va me détester). Bref, autant vous dire que l’histoire du rythme, c’est vraiment pas une obligation. Ça ne changera rien à la qualité de votre boulot ! Personnellement, mon cerveau ne fonctionne pas à 8 heures du matin. Si vous, c’est le cas. Prêtez-le-moi !

2. Le temps de manger sainement tu prendras

Quand on est freelance, on n’a plus l’excuse de manger en deux minutes entre deux réunions. En télétravail, c’est pire. Ma cuisine est à deux pas de mon bureau… Je ne peux plus aller au kébab du coin sous prétexte d’être terriblement charrette aujourd’hui. Encore un conseil que j’ai pu lire : Prenez une vraie pause, mangez équilibré, etc. Alors dans mon cas (et je ne suis pas non plus parole d’Evangile), j’y arrive le matin. Depuis 3 semaines (wahouuu), je me prépare un énorme bol de müesli avec des fruits frais coupés par mes soins. C’est un de mes rares rituels matinaux de freelance. Bon, okay, il est environ 10 heures 30, mais c’est matinal pour certains et certaines ! C’est après que les choses se gâtent. Soit il pleut et je n’ai pas envie de faire les courses, soit j’ai tout bonnement la flemme de me mettre derrière les fourneaux. L’appel du grec est plus fort. Il est à deux pas de chez moi, j’enfile une veste, je chope mon parapluie et j’y cours. Sinon, autre option, je file chez Monsieur qui habite à une rue de chez moi et je me sers dans son frigidaire. Mais dans tous les cas, il est vrai que je mange à n’importe quelle heure et n’importe quoi. Aujourd’hui, j’ai déjeuné à 17 heures… Mes journées sont plutôt rythmées par ma quantité de boulot qu’un planning strict. Les diététiciens doivent s’arracher les cheveux en lisant ces lignes. Je sais, c’est mal. D’ailleurs aujourd’hui, c’est journée kébab !

3. Un vrai espace de travail tu te créeras

Encore un de ces fantastiques conseils glanés sur le Net. J’en raffole ! Un espace entièrement dédié au travail.  De préférence une pièce à part. Moi, j’adore l’idée. Vraiment, j’adhère à 100% !! Oui, mais non… J’habite à Paris, là où les 20m2 à 800€ sont la norme. Du coup, je me partage un 35m2 avec mon colocataire, mon chat Othello et l’étendoir à linge qui prend tout le salon. Comment voulez-vous avoir un espace dédié au travail dans ce capharnaüm ? J’adore mon appartement, je m’y sens bien et j’y travaille très efficacement. Mon bureau se résume à un petit bureau Ikea Knut-Erikson-Svenja, une chaise inconfortable et quelques stylos sans capuchons. En plus, c’est tellement plus tentant de m’installer sur mon lit. Au bout de deux minutes mon chat m’y rejoint, il me grimpe dessus et m’écrase de tout son poids (six kilos quand-même). Il ronronne, enfonce ses griffes dans le gras de mes cuisses tandis que j’essaie de taper sur le clavier sans le déranger (avec une main, le bras complétement tordu pour contourner son gros fessier de mâle castré). A la maison, mon N+1, c’est mon chat. Il s’installe sur mes genoux et je n’ai plus le droit de bouger. Sinon, miaulement désapprobateur. Ceux et celles qui ont un chat savent de quoi je parle. Evidemment, l’idéal, c’est d’avoir réellement un espace pour travailler. A vrai dire, j’aime travailler sur le lit ou, mieux encore, au parc. Je peux y rester pendant des heures. Et gare à celui qui s’installe sous mon arbre attitré, il s’attire les foudres d’une freelance pas commode !

4. A l’arrache tu ne travailleras pas

J’écris cet article sur fond de coupe du monde…. Autant vous dire que je ne peux pas vraiment me concentrer. Mon colocataire est à fond : soirée MacDo -oot. Je suis happée par les images à l’écran (normal, l’Alemagne défonce tout !). Pourtant, je ne devrais même pas être assise dans le salon. Il faut que je bosse. J’ai une deadline à tenir et voulais m’y prendre bien dans les temps pour ne pas y passer 24 heures d’affilé. Dans le même genre que « Ce soir, je me couche tôt », une autre phrase mythique chez les freelances : « Cette fois, je m’y prends à l’avance. » Quand un projet me passionne, cela ne me pose pas trop de soucis. Je m’y colle, je travaille de manière efficace. Malheureusement, il m’arrive d’avoir des projets purement alimentaires et là… dur dur de s’y mettre. Je préfère même faire la vaisselle, ranger ma chambre ou déclarer mes impôts. Tout sauf cette mission qui m’ennuie terriblement… Alors, je deviens championne de la procrastination Je pense à plein de choses que je dois faire avant, des choses qui ne sont ni pressées ni importantes. Face à une mission inintéressante, tout devient crucial et passionnant, même le repassage !

5. Ta compta tu feras régulièrement

J’ai un superbe tableau Excel dans lequel je comptabilise toutes mes factures. J’ai tenu 3 mois, j’étais vraiment très enthousiaste. Je me trouvais hyper organisée, Monsieur était bluffé. Bref, quelle fierté ! Et puis la vraie vie vous rattrape. Le tableau Excel moisi depuis déjà quelques semaines sur mon ordinateur… Il est tout triste, car je le délaisse déjà… Mea culpa ! Je vais faire comme d’habitude, stresser à la fin du trimestre, car il faut tout déclarer. Je vais rouvrir le tableau, me rendre compte qu’il n’est bien sûr pas actualisé. Et là, la chasse aux factures (sauvegardées n’importe où sur l’ordi) commence ! A Pâques au moins, il y a la récompense du chocolat. Là, c’est juste de l’arrachage de cheveux et la fameuse phrase que je répète comme un mantra : « Le mois prochain, je suis disciplinée ! ». Ou pas… ?

La suite au prochaine épisode de ma telenovela freelancesque !

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7 Comments

  • Reply Margarida 11 juillet 2014 at 7 h 59 min

    Ehem ehem ! Comment te dire ? Moi je suis réglée comme une horloge (suisse qui plus est !). La raison : petite princesse de 13 mois… 🙂 ça va peut-être venir un jour !!

    En tout cas, je pense que quand on est freelance et qu’on fait du télétravail il faut trouver son propre rythme, celui qui nous convient, pas la peine de se forcer à quoi que ce soit. Dans nos métiers, l’inspiration toussa toussa est important tout comme le silence pour certains, etc. Le mieux est de connaître les conditions dans lesquelles on travaille le mieux.

    Bisous ma belle brunette ! 😛

    • Reply Elise 14 septembre 2014 at 12 h 24 min

      Merci pour cet article, je me sens déculpabilisée 😀 ! Je suis moi aussi traductrice/rédactrice freelance et j’ai toujours été honteuse de ne pas pouvoir commencer ma journée à 8h tapantes… Mon bureau est dans un état si bordélique que je préfère travailler dans le fauteuil ou sur mon lit et j’ai déjà passé plusieurs nuits blanches pour terminer un projet que j’aurais pu commencer dès sa réception… Bref, je me sens moins seule 😀 ! À quand la suite de cet article ?

      PS : je me permets de te tutoyer comme nous avons le même âge et que nous exerçons toutes les deux le plus beau métier du monde, j’espère que tu ne m’en tiendras pas rigueur 😉 !
      PS2 : bravo pour ton blog, je suis fan 🙂 !

  • Reply Cyrille d'Humaniance 11 juillet 2014 at 13 h 24 min

    Bonjour Anissa! Top cet article sur les 10 commandements du freelance modèle! Il n’est pas toujours évident de respecter à la lettre ces différentes recommandations. Mais de les avoir écrites dans cet article est déjà un premier pas vers le modèle parfait! Hâte de lire les 5 prochains commandements! A très vite! 🙂

  • Reply Aline - La Homemade Box 11 juillet 2014 at 21 h 00 min

    Je me suis bien reconnue dans ton article!
    Je me lève entre 10h et midi (oui, je suis une lève-tard) et puis, de toute façon, je suis comme toi, mon cerveau ne fonctionne pas le matin, il commence à s’activer qu’après le déjeuner!

  • Reply les aventures de KKP 5 août 2014 at 21 h 33 min

    :-D. J’adore ton article… je suis freelance comme toi depuis quelques années, et comme toi, j’ai plein de grands principes que je mets régulièrement à la poubelle ;-). En tout cas, vive la liberté et la possibilité de vivre à son rythme, quel qu’il soit!!!!

  • Reply Yahia-Cherif 29 août 2014 at 14 h 38 min

    Je ne peux que te dire un grand merci !
    Je suis en pleine phase « je fais plein de choses qui m’empêche de travailler à proprement parler sur mes projets personnels »… donc ton article m’a fait le plus grand bien et m’a beaucoup fait rire !
    Tu as une très belle plume (ou devrais-je dire un très beau clavier)
    L’important c’est de garder une certaine distance avec les « modèles parfaits »… et le faire avec humour comme tu le fais est brillant ! On sent que tu es une personne heureuse dans ce que tu fais… et c’est bien là l’essentiel !
    Bonne continuation !

  • Reply Mélody 31 août 2014 at 16 h 47 min

    Haha comme je me reconnais dans tout ça! 🙂 J’étais très peu organisée durant mes deux premières années d’auto-entreprise. A la troisième le nombre de client à afflué à tel point que j’ai été obligée de m’imposer plus de discipline.
    J’ai eu un vrai ras le bol de bosser à l’arrache sur mon canapé, de paumer des documents, et de perdre du temps avec mon problème de rangement, du coup je me suis créé un vrai espace de travail (dans mon salon) ou j’ai installé un bureau que je me suis fabriquée sur mesure, des bannettes de rangement et des boites d’archives. Et je t’assure ça fait un bien fou de ne plus perdre son courrier. (et pas besoin d’avoir une pièce en plus! face à son pc, le casque sur les oreilles, on oublie tout ce qu’il y a autour).
    Mes comptes sont tenus toutes les semaines car j’ai la place pour étaler toutes mes factures sur le bureau, et ça , ça n’a pas de prix^^
    Concernant mes horaires, J’ai un petit bout de deux ans alors c’est un peu mon réveil. J’ai décidé de le faire garder le matin tôt pour m’obliger à me lever. Moi aussi je pensais être beaucoup plus productive le soir mais en fait tout est une question de rythme. Quand mon corps s’est habitué à se lever à 7h30, je suis devenue hyper productive à partir de 8h30 (le temps du décomatage/voiture/nounou/retour à la maison. Du coup je carbure jusqu’à midi où là une flemmingite aiguë m’assaille. A ce moment là je n’ai même plus la motivation pour me préparer un tit quelque chose à manger (vive le grignotage de n’importe quoi devant l’ordi). Du coup je profite de ce moment pour faire ce qui me demande le moins de concentration… Et lorsque j’ai beaucoup de travail je reprend parfois le soir, après le coucher du loulou, où je suis toujours très productive 🙂
    Bref inutile de s’obliger de faire quelque chose qu’on lit dans les livres. Quand l’envie de changer les choses viendra directement à toi c’est que ce sera surement le bon moment 😉

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