Vie de Freelance

Salon des microentreprises : Un événement pas très autoentrepreneurs-friendly

C’est avec une impatience grandissante que j’attendais le début du Salon des Microentreprises (du 30/09 au 02/10). Quelle n’a pas été ma déception lorsque je suis arrivée sur les lieux du crime. La majorité des stands étaient tenus par des banques, des assureurs et des entreprises spécialisées dans levée de fond. J’étais à la recherche de stands liés au statut de l’auto-entreprenariat. Pour rappel, le salon se vantait d’organiser une journée dédiée aux autoentrepreneurs. Après avoir fait le tour du salon (assez petite, somme toute), j’ai vite compris que nous, les autoentrepreneurs, n’étions pas spécialement les bienvenus – bien au contraire même. Je vous dis tout dans mon article 100% honnête.

« Mais que faites-vous là alors ? »

Le jour du salon je m’étais mise sur mon 31, jolie robe, maquillage soignée, cheveux coiffés. Bref, je me faisais aborder pars TOUS les papis de TOUS les stands. On m’a proposée une complémentaire retraite, une assurance tous risques, une levée de fond de 50 000 €, un crédit, une bouteille de vin (jeu concours bidon). Une fois la prise de contact peu subtile mise en place, la question qui tue : « Que faites-vous dans la vie ? » Ma réponse : « Je suis autoentrepreneur. » Vous le savez, je défends ce statut, puisque je crois en son potentiel. Il a tellement changé ma vie, je suis si heureuse d’être mon propre patron. Mais la jeune femme (pas un papi pour une fois) fait la moue. « Ah, autoentrepreneur… Nous on s’adresse surtout aux gens qui créent des emplois. » Et biiimmmm allez, mange ça ! Inutile de vous dire que j’avais envie de l’assommer sur place, cette gentille dame. Pourquoi ? Parce que c’était dit d’une façon polie, mais quelque peu méprisante. Je n’ai peut-être pas créé d’autres emplois, mais j’ai créé mon emploi. Ce qui est déjà pas mal je trouve. Un autre type m’a également proposé une levée de fond. Quand je lui ai dit que j’étais autoentrepreneur et donc pas à la recherche de financements, il m’a juste dit : « Mais que faites-vous là alors ? » Je garde mon calme, je souris, j’explique : j’ai envie de me faire des contacts dans le milieu des microentreprises, pas forcément m’endetter sur 15 ans. Mais je me rends bien compte qu’ici les autoentrepreneurs sont juste des gens qui travaillent au black ou qui ne se font pas payer par leurs clients. J’ai donc surtout fait le plein de remarques désobligeantes, c’était un peu dommage.

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« Vous n’avez pas Internet ? Alors vous pouvez quitter cette conférence, Madame ! »

J’étais avec mon amie d’Et en Deutsch ? pour assister également à quelques conférence qui me paraissaient intéressantes. L’une m’avait particulièrement tapé dans l’œil : Comment digitaliser votre entreprise ? On s’assoit au dernier rang (croyez-en mon expérience, il vaut mieux être prêt de la porte de sortie), et là, surprise. Un monsieur plutôt âgé (un pied dans la tombe), s’adresse à nous. Malheureusement il ne sait pas se servir du micro. On l’entend marmonner dans sa barbe, ça s’annonce mal ! Ensuite, il s’adresse au public avec un ton absolument ignoble, nous demandant si nous étions inscrits sur les réseaux sociaux. Certains ne lèvent pas la main. Puis, question étrange : « Qui n’a pas d’accès Internet ? » Une dame lève la main. Il l’interpelle et lui aboie au visage : « Alors quittez cette salle, Madame ! » Ni une ni deux, ma copine et moi quittons la conférence. C’en est trop ! Je suis là pour avoir des bons conseils, pas me faire sermonner par un vieux schnock désagréable qui se croit tout permis parce qu’il marche avec une canne. Le respect, c’est dans les deux sens. Autant vous dire que je n’ai plus mis les pieds dans une salle de conférence. D’ailleurs la plupart des gens que j’ai croisés m’ont confirmé ce que je pensais : des conférences très généralistes, rien de bien concret, pas de révélations.

Bonne surprise néanmoins : j’ai fait la connaissance de Multiburo « un réseau international de centres d’affaires, domiciliation et espaces de co-working ». Je leur ai parlé de mon blog et du coup, j’ai eu droit à un pass pour tester leurs locaux de co-working. L’occasion pour moi de faire un article sur cette thématique qui m’intéresse beaucoup !

Autre rencontre édifiante, celle de Neocamino qui a lancé le site We are the 97% – qui met à l’honneur les 97% des entrepreneurs (qui ne sont pas membres du CAC40). Un site qui présente des entrepreneurs comme vous et moi, des gens normaux quoi. Ça fait du bien !

PS : Deux jours de salon m’ont suffi… n’hésitez pas à me raconter votre impression du salon !

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14 Comments

  • Reply fanny 1 octobre 2014 at 17 h 13 min

    Super article Anissa! Les auto-entrepreneurs doivent s’affirmer. Laissons ces vieux schnocks et ces commerciaux au placard.

  • Reply Lutetia Flaviae 1 octobre 2014 at 18 h 53 min

    Ah comme cet article me fait plaisir ! Je m’étais inscrite pour avoir le badge mais après avoir vu en détail les stands, j’ai eu peur de n’y trouver rien d’intéressant. Surtout que je déteste les salons en faite. Donc pas de regrets !

  • Reply Amélie 1 octobre 2014 at 18 h 58 min

    Arf, vraiment pas cool ! Perso, j’ai fait le salon de l’entreprenariat de Lyon, et là, c’était le contraire ! C’était auto-entrepreneur et start-up sinon rien ! Du coup, avec mon projet de salon de th créatif, j’avais l’air d’un ringard XD M’enfin, j’ai fait toutes les conférences que je voulais (des vieux croulants aussi, mais sympas), j’ai emmagasiné un maximum d’infos (une vraie petite étudiante sérieuse haha). J’avais beaucoup aimé, 2 jours étaient presque trop courts loool

  • Reply Aline - Inspiré et Créé 1 octobre 2014 at 20 h 13 min

    Eh ben, quelle expérience inoubliable (dans le mauvais sens du terme) que ta visite dans ce salon!

  • Reply Sélim AKLIL 2 octobre 2014 at 7 h 34 min

    Je partage ce sentiment dans beaucoup de salons malheureusement. Trop de blabla, et rien de concret. Parfois il suffit de regarder les organisateurs du salon pour comprendre l’orientation qu’il aura 😉

  • Reply Margarida 2 octobre 2014 at 8 h 07 min

    Coucou !

    Peut-être que Sélim a raison quand il dit que malheureusement c’est le cas de beaucoup de salons, beaucoup de conférences, même beaucoup de cours et formations qu’on nous vend sur Internet (ok, là je me dévie…) mais en tout cas ces détestable de devoir faire front à des gens qui nous prennent de haut, juste comme ça parce qu’ils en ont envie. ça, je n’aime pas du tout!

    Biz,

  • Reply Margarida 2 octobre 2014 at 8 h 09 min

    « C’EST détestable ». Marga dixit 🙂 !

  • Reply Oh et Puis 2 octobre 2014 at 9 h 26 min

    Joli article plein de franchise comme on l’attends ! On souffre beaucoup de notre statut d’autoentrepreneur et c’est franchement chiant ! Chiant parce qu’on est jamais prit au sérieux, parce qu’on est protéger de rien, parce qu’on est sous évalué professionnellement parlant. Il m’est arrivé de travailler pour moins cher que le stagiaire que j’avais recruté… bref j’imagine totalement ce que tu as vécu dans ce salon et ca ne m’étonne même pas. Ils ont peur de notre statut car ils savent que la société évolue et que s’ils ne suivent pas le rythme ca sera fini. Mais c’est comme ca que le monde marche, un jour on a tous un CDI le lendemain il n’y a plus de sureté mais personne n’en meurt !

  • Reply {nanie} 2 octobre 2014 at 21 h 24 min

    Et bien du coup je ne regrette pas de ne pas avoir pu y aller du coup ! (dommage pour tes déconvenues mais cool pour le Pass !)

  • Reply Ally 3 octobre 2014 at 6 h 48 min

    Je ne connais pas ce salon mais cette expérience me rappelle certaines remarques quand je démarchais ou répondais à des gens qui avaient besoin de Freelance. Il fallait tout accepter : les horaires décalés, les salaires trop bas, l’incertitude de paiement, les regards condescendants sous prétexte que j’étais en Freelance. Freelance ne veut pas dire pigeon. Je trouve que globalement Freelance ou pas. La société à pris un coup dans le respect. Sous prétexte qu’il y a le chômage, on traite les gens à toutes les sauces dès qu’il y a une once de travail. Il faut s’accrocher ça finit par payer même si c’est dur parfois.
    Contente de voir que malgré tout, tu as pu tirer quelques rencontres positives dans ce salon.

  • Reply Easy Pizzy 8 octobre 2014 at 15 h 23 min

    Salon décevant cette année.

  • Reply Lydie 8 octobre 2014 at 20 h 02 min

    Le pire a été je crois la conférence Twitter, censée apporter les réponses, les gens sont partis avec plus de questions.
    Une présentation aurait été sympa pour au moins faire comprendre aux gens ce qu’était Twitter.

    Enfin, je suis globalement aussi déçue que toi (moi jeune auto-entrepreneur photo, future fondatrice d’une agence de com’ avec un autre AE)
    Il n’y a qu’une conférence qui m’a séduite c’était sur le fait de se différencier pour se démarquer de la concurrence, l’intervenant était super intéressant, motivant, bref une bouffée d’air frais dans un tas de conférences hermétiques ! 😀

    • Reply Anissa 9 octobre 2014 at 9 h 07 min

      Une agence de com’ ? Super projet !! En plus t’as vu on a le même thème WP je crois <3
      N'hésite pas à m'envoyer un petit mail sur ton projet. Et puis, tu pourrais faire partie de mon projet de portraits 🙂

  • Reply Séverine 21 février 2016 at 16 h 25 min

    Bonjour à tous,

    Je découvre tout juste le blog, d’où mon commentaire presque 2 ans après le publication du post (au passage : le blog est une très bonne découverte 🙂 ).
    En 2015, je suis allée au salon de l’entrepreneur à Nantes. Il y avait quelques conférences pour les auto-entrepreneurs mais très peu quand même et surtout elles sont organisées principalement pour ceux qui envisagent de vendre des produits. Souvent les conférences, ateliers, etc. ne s’adressent pas assez à ceux qui vendent du service. Je suis assistante éditoriale indépendante, je connais pas mal de rédacteurs, graphistes… et on se sent souvent mis de côté au final, comme si on avait un potentiel très limité. :/

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